19 décembre 2012
BNF/ La photographie en majesté


Avec le fond photographique le plus important au monde, la BNF n’a que l’embarras du choix lorsqu’elle veut monter une exposition à partir de sa collection. Mais le simple embarras peut se transformer en un véritable challenge quand, à partir de plusieurs millions d’œuvres, il faut constituer une sélection des 100 « meilleures ». Car c’est sous le titre ronflant  « La photographie en cent chefs-d’œuvre » que Marc Pagneux et Sylvie Aubenas ont dû exposer leur choix ; pari risqué que cet expert-collectionneur et la directrice du département des estampes et de la photographie de la BNF ont osé- avec succès. Cette exposition est fondée sur l’absence de critère institutionnel au sujet de la valeur de la photographie en tant que médium artistique. En effet, comme l’écrit Sylvie Aubenas « il serait bien embarrassant de nommer les Joconde ou les Vénus de Milo de cet art ». Mais il résulte de cette entreprise un formidable plébiscite pour la diversité de l’art photographique dont le parti pris esthétique est très clairement celui de l’évocation : la manière dont, par le jeu des contrastes de la lumière, une histoire prend forme derrière le contenu manifeste de l’image.

Une histoire et des histoires

Vous serez surpris de trouver, au cours de votre déambulation, des œuvres de photographes célèbres et reconnus (la géniale sensualité du Grand nu renversé en arrière de Man Ray, l’expressionnisme bouleversant de Cartier-Bresson, un instantané des émeutes de 68 avec Gilles Caron…) tout comme celles d’anonymes, de scientifiques, ou d’amateurs prestigieux (Degas, Zola…). L’ensemble se donne au sein d’une présentation simple et didactique où, sur chaque cartel, on découvre une histoire de la photographie. Non pas l’histoire de La Photographie en tant que médium, les commissaires de l’exposition s’en défendent, mais la petite histoire, l’anecdote qui fait la particularité de chacun de ces chefs-d’œuvre. Ainsi découvre-t-on, par exemple, au-travers d’un auto-portrait de Zola, des traces de sa double vie amoureuse. Les explications nous racontent aussi le parcours de ces images : depuis leur création jusqu’au jour où elles sont entrées dans cet immense lieu de savoir et de recherche qu’est la BNF. Enfin, si ces œuvres ne sont pas présentées de manière chronologique, l’exposition offre tout de même un regard historique sur le médium, en donnant à voir l’évolution de la pratique photographique, des techniques de tirage et des sujets représentés au cours d’une période qui va de 1839 à 1986. Une exposition pertinente qui ravira les connaisseurs passionnés comme les amateurs curieux…

par Romain Breton

La photographie en cent chefs-d’œuvre, à la BNF François Mitterrand jusqu’au 17 février 2013.

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