14 avril 2013
Michaël Goldman/ Bien aligné

La ressemblance n’est pas tout de suite frappante. Et puis des Goldman, il y en a plein l’annuaire, n’est-ce pas? En revanche, un projet comme celui que Michaël Goldman, 33 ans a monté voilà sept ans avec deux amis -ils le sont toujours- ça ne court pas les rues. Une start-up nommée My Major company, avec aujourd’hui 35 employés où les plus vieux-les patrons- sont trentenaires, tout cela au service du “crowdfounding”. Traduction: des gens comme vous et moi qui deviennent mécènes. Alors bien sûr, on est loin de l’aile de musée qui porte votre nom avec une belle plaque de cuivre en votre honneur mais le concept est tellement original et bien développé qu’après la production d’albums dont deux cartons, Grégoire en 2008 et Irma en 2011 ainsi que Joyce Jonathan, la société s’est lancée dans le financement participatif  de projets tels qu’aider à construire une école au Togo, parrainer des vaches en Anjou, la publication de livres, la parution de magazines ou encore la rénovation de la coupole du Panthéon. De quoi s’éloigner un peu de la musique pour ce passionné de jeux vidéos qui n’aime pas plus que cela parler de lui. Rien dans l’image, tout dans le contenu. Et dans le communautaire à l’image de ses bureaux où règne une ambiance familiale-loin du père…

Comment l’idée de créer une structure de financement participatif est-elle née?

Il y avait déjà un site en Europe sur ce principe et avec la campagne de Ségolène Royal, ce mot “participatif” était vraiment très présent. La période était aussi très difficile pour le disque, les labels indépendants touchaient tous le fond avec des volumes divisés par deux. On s’est donc dit que pour  pouvoir continuer à signer des nouveaux artistes avec notre label de disque, c’était la solution idéale pour financer des créations en dehors du marché.

A quel moment vous êtes-vous rendu compte que le public suivait?

Très vite ça a marché avec les artistes. L’accueil médiatique a été très bon aussi, même si on a très vite vu que le buzz n’a qu’un temps. Pour Grégoire, c’est un miracle, les étoiles étaient alignées… Le prochain tube de cette envergure, ça devrait, d’après les statistiques, être dans cinq ans!

Quand avez-vous décidé d’élargir les domaines de financement à d’autres choses que les disques?

C’est un peu dans l’ADN de la boîte. Le financement participatif a toujours très bien marché ; alors on a cherché à diversifier un maximum; Les éditions XO sont venus nous chercher pour les livres avec la partie crowdfounding qui a très bien marché et des ventes autour de 5000 exemplaires pour certains, ce qui pour des premiers livres n’est pas mal.

Et l’humanitaire ou l’écologie?

Là ce sont des gens qui proposent leur projet sur une page qui a été validée par nos chefs de projets. Le financement participatif colle vraiment bien à cette offre qui marche car les gens trouvent du sens à y participer.

De quelle façon sélectionnez-vous  les projets?

On en reçoit environ 400 par semaine;  si le projet est bien construit et que ce n’est pas un non-sens pour le site, on valide. Le montant de financement-la jauge- est très variable y compris pour la musique avec des artistes qui désormais veulent juste faire  un album ou un clip diffusé sur Internet. Avec 15 000 euros, l’artiste est capable d’être totalement autonome, vendre son album en gardant 100 % du montant des ventes et donc d’en vivre sans être obligé de faire un autre métier à côté. Il va alors pouvoir payer un ingénieur pour le son et générer ainsi de la croissance. Tous ne vont pas devenir célèbres mais vont pouvoir en vivre pendant un an, ainsi que les gens qui auront travaillé sur leur album avec eux. Pour le donateur, le retour sur investissement n’est pas toujours au rendez-vous mais l’idée est avant tout de soutenir un projet.

Comment ça se passe si le projet rapporte plus que prévu comme pour le financement du Panthéon?

Le surplus va à l’apporteur de projet qui explique bien sûr ce qu’il en fera. Dans ce cas précis, la garantie est d’avoir sa photo sur le totem qui sera à l’entrée du Panthéon et une invitation à la soirée de réouverture, mais au delà de ça, les gens sont contents de participer à la rénovation en général.

Il y a beaucoup d’imagination dans les contreparties offertes à ceux qui financent les projets…

On essaye d’offrir un maximum de possibilités; pour les particuliers, ce sont eux-même qui trouvent mais nous pouvons aussi les aider. Dans ce cas, notre commission augmente sur les sommes levées.

Votre société est bénéficiaire?

Oui, mais grâce à la partie label musical qui vient notamment de produire Génération Goldman; pour le crowdfunding, depuis le début, on perd de l’argent. Mais il nous a permis de signer une cinquantaine d’artistes au départ  avec 100 000 euros de mise de fond, sans que ce soit notre risque à nous. C’est plus que pour une major! L’effet de levier a été incroyable et sans risque.

Avec cette idée qu’aimer un artiste ou un projet peut vous faire gagner de l’argent. Michaël Goldman et ses associés offrent ainsi la possibilité  à chacun de financer son projet avec un questionnaire en ligne et une mise en avant particulièrement pertinente. Du lien social et des moyens financiers, sans doute de quoi réconcilier avec intelligence et dans l’ avenir  l'”être”. Et l'”avoir”…

 

Par Laetitia Monsacré

Découvrir le site avec les projet et proposez le vôtre sur My Major Company

 

 

 

 

 

 

 

 

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