2 décembre 2013
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Lautner est mort et enterré. Comme tous ces tontons flingueurs qui explosent encore l’audimat. La même semaine, Lucien Neuwirtz a lui aussi passé l’arme à gauche. Déjà un peu tard pour en parler vu la rapidité qu’impose internet en matière de consommation de l’info. Car pour paraphraser Audiard avec lequel Lautner signa une dizaine de films, “en “home (page d’accueil)”, sitôt les pieds devant, tu dégringoles les étages”. Voilà pourtant deux hommes qui auront marqué leur temps, l’un en faisant rire, l’autre en évitant que l’on pleure. Lautner, qui fut assistant sur un film de Sacha Guitry -pas mal comme école- était un cuisinier de génie, offrant le meilleur du cinéma français en pratiquant gros plans sur les acteurs, il fut un des premiers et en s’entourant de la “crème” comme le montre son casting des Tontons flingueurs qui restera son chef d’oeuvre. Après Ventura, Gabin, avec lequel ce ne fut jamais simple, il y eut Belmondo et Ennio Morricone pour des films à l’efficacité redoutable comme Le Professionnel, son plus gros succès commercial.

Lucien Neuwirth, député gaulliste, a offert avec la loi qui porte son nom, la liberté à la femme de contrôler sa contraception en abrogeant la loi de 1920 qui interdisait en France toute propagande et toute utilisation des moyens de contraception. Les drames conjugaux causés par l’arrivée d’un enfant non désiré, il connaissait depuis qu’il avait été jeune conseiller muncipal à Saint-Etienne, siégeant à la commission des divorces et de l’aide sociale. Un voyage aux Etats-Unis plus tard, où préservatifs et les spermicides étaient en vente libre dans les pharmacies, il se battit pendant plus d’un an pour imposer sa loi en 1967, malgré des lettres anonymes injurieuses, les menaces ou encore le renvoi de sa fille de 13 ans d’une institution religieuse de Saint-Etienne.

En 1995, il fera voter une autre loi, cette fois sur la douleur, qui enjoint les établissements de santé en France “à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour la prendre en charge”. Là-encore, le progrès vient des Etats-Unis, où en 1993, il a pu découvrir la qualité des soins palliatifs. Il y a douze ans, à 77 ans, il avait mené son dernier combat, encore sur la pilule, cette fois du lendemain, recevant des lettres d’injures, contenant quasiment les mêmes arguments que vingt ans plus tôt. Comme quoi, il avait su rester “jeune”.

LM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucien Neuwirth en novembre 1974 avant l'ouverture du débat sur le projet de loi sur l'avortement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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