18 juin 2014
Au fil d’Ariane, un conte méditerranéen

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Le drame social peut-il ressembler à un conte de fée ? Plus habitué aux films cadenacés par une logique sociale implacable, Robert Guediguian nous offre dans ce fil d’Ariane, son dernier film, une échappée belle dans un monde aux faux airs de conte.
Fuyant son propre anniversaire que tout le monde semble s’être ingénié à éviter, Ariane trouve refuge dans un restaurant au charme désuet, petit écrin méditerranéen où elle va se lier d’amitié avec la petite bande bigarrée qui habite les lieux. On sent alors très vite que le réalisateur de Marius et Jeannette a voulu s’amuser avec ses acteurs avec Jean Pierre Daroussin qui surjoue un chauffeur de taxi bougon mais attachant, tandis que Gérard Meylan fait chanter en cœur les clients de son restaurant sur les airs de Jean Ferrat.

Un conte social
Mais au milieu de ce paradis, selon les canons du réalisateur, les failles de chacun vont vite apparaitre; de la belle rousse aux activités nocturnes bien éloignées de celles des princesses au désespoir d’un gardien de musée loin de ses proches, la douleur traverse implacablement ce petit monde, qu’Ariane, ici redevenue Ascaride et muse de Guediguian, va mettre un point d’honneur à soulager.  Les fidèles de Guediguian retrouveront ainsi quelques uns de ses thèmes de prédilection, comme la perte de repères de la société moderne, les personnages féminins à poigne ou plus prosaïquement la bonne humeur méridionale.

Cette parenthèse dans la vie d’Ariane, comme dans la filmographie de Robert Guediguian, ne tient malheureusement pas la distance. Les acteurs semblent mal à l’aise avec le ton du film, et enchaînent mécaniquement les dialogues qui, s’ils sont caricaturaux pour suivre l’esprit du conte, n’en raisonnent pas moins creux. Le réalisateur nous emmènerait dans son monde s’il était allé au bout de son idée. Ici le drame social déborde sur le merveilleux, quand ce n’est pas le drame psychologique, pour au final faire perdre le fil au spectateur sur les enjeux du film, avec cette idée que le conte comme la science-fiction ou le burlesque ne souffre pas la demi-mesure…

Par Florent Detroy

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs