20 mars 2015
Au Châtelet, le bonheur est en noir et blanc

part-par-par8118853-1-1-0

Le musical. Voilà quelques années que l’on n’est plus obligé de traverser la Manche pour aller se régaler d’une comédie musicale, ce genre très anglo-saxon où les comédiens chantent et dansent en même temps. Le Théâtre Mogador et le Chatelet ne s’y sont pas trompé avec, toutefois, une différence de taille: là où le premier vous vend produits dérivés et version française, histoire que vous compreniez bien l’histoire de Mama mia ou Le bal des vampires, le Châtelet choisit, lui, la version originale et l’ orchestre dans la fosse. Et lorsque la mise en scène est confiée à Robert Carsen qui, des scénographies d’expositions aux opéras sait décidément tout faire, on obtient de ces petits bijoux tel ce Singin’in the rain qui vous extrait un peu moins de trois heures durant du réel et vous fera passer une soirée du tonnerre, à l’image des applaudissements dès le générique qui reprend les codes des films des années 20.

Car des trouvailles, il y en a à la pelle; spectateurs de la salle qui deviennent ceux du film, costumes et décors exclusivement en noir et blanc-Robert Carsen a repris la même équipe ô combien talentueuse de My Fair Lady- le public est ici plongé avec bonheur dans le Hollywood de la belle époque, avec la Warner Bross qui en 1927 passa du muet au parlant.

Claquettes et pluie sur scène

Voilà qui annonça  le début de la fin pour quantité d’acteurs de l’époque comme cette Lina Lamont qui, avec sa voix de crécelle-épatante Emma Kate Nelson, aura fort à faire pour rester en place. Gene Kelly avait créé au cinéma avec le réalisateur Stanley Donen le rôle de Don Lockwood, repris ici par un jeune anglais aussi bon danseur que chanteur, Dan Burton. Le “highligth” de ses claquettes sous la pluie est tout simplement époustouflant, les assureurs du Châtelet ayant par ailleurs accepté que l’eau puisse couler comme il se doit…Il forme avec Clare Halse un couple des plus assortis, entouré de girls à plumes et paillettes, faisant leurs numéros de claquettes ce soir-là devant une salle pleine à craquer où l’on pouvait reconnaitre Carole Bouquet ou Danielle Thomson. Rançon du succès, tout est complet sauf ce samedi 21 mars en matinée et soirée, moyennant 100 euros la place. Cela les vaut largement si vous n’avez pas la patience d’attendre novembre où le spectacle reviendra jusqu’en janvier 2016.

LM

Singin’ in the rain au Châtelet jusqu’au 26 mars 2015, reprise le 27 novembre 2015 jusqu’au

 

Articles similaires