23 septembre 2013
Arts décoratifs / De la tenue, que diable!


Savez-vous porter la fraise? Voilà ce que l’on aurait pu demander aux gentilshommes du XIV ème siècle qui, à l’instar de François 1er se devaient d’arborer cette collerette en dentelle autour du cou, censée mettre en valeur leur pâleur. L’occasion pour de nombreux peintres de montrer leur virtuosité -on pense particulièrement aux maîtres flamands et d’ouvrir cette exposition plongée dans une quasi obscurité, consacrée aux artifices utilisés par les femmes et les hommes, du XIVe siècle à nos jours, pour dessiner leur silhouette. Autant le dire tout de suite, les amateurs de petites culottes en seront pour leurs frais -mieux vaut pour eux aller au Salon de la lingerie à la Porte de Versailles. Il est en effet ici question plus d’une démonstration historique de la façon dont on enserra les corps -masculins comme féminins que d’exposer de la lingerie fine. Pourpoint, panseron pour un effet bombé chez monsieur y compris pour la braguette -censée mettre en valeur la virilité, corset en fer-sic- pour madame, lequel deviendra moins barbare par la suite avec les baleines, les pièces de collection se suivent dans les vitrines avec des légendes quasi impossibles à lire. Certaines attirent plus particulièrement l’attention comme ce corset pour nourrisson ou cette robe de mariée d’une princesse suédoise dont la taille ne devait pas excéder 40 cm de diamètre… Les robes prennent de leur côté de la largeur avec les paniers ou à partir du XIXème siècle, la crinoline et le faux cul avec des formes aussi particulières que la queue d’écrevisse. Puis, à partir du XXème siècle, on essaye au contraire de tout gommer tandis que la fin de l’exposition se concentre sur cette invention de la fin du XIXème siècle qui nous délivra du corset ou des seins en gants de toilette, le soutien-gorge. Quelques jolies pièces à découvrir, toujours dans le noir, dont le fameux push-up ou les deux cônes dorés de Jean Paul Gaultier immortalisés par Madonna; une exposition à faire à la lampe de poche et avec l’idée que les commissaires de l’exposition ne se sont pas beaucoup foulés…
AW
La mécanique des dessous au Musée des Arts décoratifs jusqu’au 24 novembre 2013

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs