10 juillet 2014
Arte continue le bal avec les Carmélites

Après la Flûte enchantée aixoise, voilà malheureusement bien plus tard (une heure du mat!), le meilleur spectacle lyrique de l’année, selon nous et la critique puisque ce Dialogues des carmélites a été le vainqueur de cette année. C’est en décembre dernier, au  Théâtre des Champs Elysées qu’avait été donnée cette version d’Olivier Py, remarquable et parfaitement faite pour cette salle de taille réduite, en associant une distribution de rêve – Anne-Catherine Gillet avait alors remplacé Sandrine Piau dans le rôle de Constance avec une rare évidence- à une mise en scène vertigineuse de pureté et de beauté. Chaque tableau avec les lumières on ne peut plus inspirées, le graphisme des quatre volets muraux composant une croix ou s’ouvrant sur les arbres et la lumière crue de l’extérieur, Olivier Py qui avait un peu déçu avec Alceste donné en novembre dernier à Garnier a été visiblement touché par la grâce-en bon mystique qu’il est- par ces Dialogues des Carmelites. Dans le rôle de Blanche, Patricia Petibon (qui avait tenu celui de Constance dans une production ratée à la Bastille -une salle bien trop grande- en 2004) offre toutes les belles couleurs de sa voix -elle vient de sortir un album consacré à Poulenc- à ce rôle parfait pour elle. Véronique Gens est, elle, toujours aussi belle, prêtant sa voix de soprano à la Mère Supérieure qui succède à Rosalind Plowright, dont la prestation, accrochée à un lit dans les airs, restera dans les mémoires. Olivier Py a en effet créé des effets à la fois originaux et qui paraissent évidents -scène de crèche de Noël, stries lumineuses pour évoquer les barreaux de la prison- pour accompagner Blanche la novice dans cette “voie du détachement”, que Francis Poulenc imagina en 1957 et dont le jeune chef d’orchestre Jérémy Rohrer livre une fort belle version. Le final avec le chœur des soeurs, “Salve regina” , scandé par le bruit du couperet de la guillotine, les religieuses tout de blanc vêtues s’élevant comme dans anges vers les étoiles, achève cette soirée qui perdra forcément en émotion à la télévision, mais c’est mieux que rien…

LM

Dialogues des Carmelites sur Arte le dimanche 13 juillet, à 0h55

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