15 mai 2014
Ali Baba, du comique qui traîne en longueur

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Voilà qui commence pourtant bien: un orchestre généreux dirigé par Jean Pierre Haeck, un rideau qui se lève sur un décor coloré, inventif et plein d’humour de Damien Caille-Perret et ce petit bout de femme, Sophie Marin Degor qui en Morgiane, s’impose avec son jeu à la limite du théâtre de rue et sa voix délicieuse. Christianne Belanger, en Zobéide lui vole ensuite la vedette, hilarante et parfaite en épouse “cougar” qui communique avec son mari à coup de claques. Ali Baba parait alors, en homme de ménage, pauvre parmi les pauvres jusqu’au fameux “Sésame ouvre-toi”. Cet opéra vraiment comique de Charles Lecocq n’avait jamais été donné dans la salle Favart. Celle-ci-comble ce soir-là- lui a réservé un bel accueil malgré un vrai défaut: les temps morts entre chaque scène. Rupture dans la dynamique, portables qui s’allument tels des lucioles indésirables dans tous les rangs, ces césures imposées ont achevé, surtout pour une opérette de deux heures 45 avec plusieurs récitatifs, de finir par lasser, malgré un livret réservant de jolis passages comme“Payez d’abord, c’est bien plus fort que la reconnaissance”; il est en effet ici question en permanence de cet argent qui dirige le monde depuis la nuit des temps. Créée au XIXème siècle, en pleine industrialisation, cette oeuvre n’a ainsi rien perdu de sa résonance dans notre XXI ème siècle ô combien matérialiste.

AW

Ali Baba à l’Opéra comique jusqu’au 22 mai 2014

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