24 septembre 2013
Alceste, noir funèbre

Gluck a longtemps été boudé à l’Opéra de Paris, et c’est avec une certaine excitation que l’on allait à cette nouvelle production d’Alceste commandée à Olivier Py. Certes, on s’attendait aux décors noir sur noir de Pierre-André Weitz et à quelques dénudés masculins – il faudra cette fois-ci se contenter d’un torse pailleté d’or à la fin de l’opéra. Mais l’on espérait autre chose que ces incessantes réécritures de décors floraux à la craie et de citations sur tableaux noirs. Quant à faire jouer l’orchestre sur scène au troisième acte pour laisser la fosse aux Enfers, cela relève de la facilité scolaire. Heureusement il y a Sophie Koch dans le rôle-titre, remarquable en épouse prête à se sacrifier pour Admète, son défunt époux, qui devait revenir à Roberto Alagna, avant que celui-ci ne déclare forfait. On n’a d’ailleurs sans doute pas perdu au change avec Yann Beuron, grand connaisseur de ce répertoire, et dont le timbre idéalement clair s’est enrichi ces dernières années. On oubliera en revanche le vulgaire Hercule de Frank Ferrari, et la direction de Marc Minkowski, parfois trop soucieuse de son effet, qui ne convainc pas toujours. Bref, la résurrection d’Alceste à l’Opéra de Paris reste à accomplir…
GL
Alceste, jusqu’au 7 octobre 2013 à l’Opéra Garnier

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