11 janvier 2014
Lulu, femme libre

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Lulu, un prénom qui symbolise sans doute la première femme émancipée. Et si l’on se souvient de Loulou, l’héroïne et sa coupe garçonne immortalisée au cinéma par Louise Brooks ou de l’opéra dodécaphonique d’Alan Berg, Lulu, un passage au Théâtre de l’Opprimé s’impose pour remonter à la source même de ce personnage féminin imaginé à la fin du 19e siècle par le dramaturge allemand Frank Wedekind. Une “tragédie monstre”, voilà comment est sous-titrée cette satire, La Boîte de Pandoreque l’auteur dut, sous la contrainte de la censure, réécrire plusieurs fois, et dont Looking for Lulu reprend la version d’origine. Il faut dire que ce personnage a de quoi retenir l’attention : à la fois victime et scandaleuse car assumant son désir, abusée par celui qui l’a élevée, tour à tour docile et rebelle face aux hommes qui cherchent à la façonner, à la plier à leur désir, et qui meurent les uns après les autres, jusqu’à ce que devenue prostituée, elle succombe sous les coups de Jacques L’Éventreur. La comédienne Sabrina Bus interprète avec passion cette femme autour de laquelle gravitent de nombreux hommes, joués par quatre comédiens qui dans cette adaptation, finiront par la mettre à mort. On est bien sûr dans le tragique mais la pièce n’est pas dénuée de moments drôles et offre deux heures durant une réflexion qui, un siècle plus tard, n’a pas pris une ride.

Looking for Lulu, au Théâtre de l’Opprimé, 78 rue du Charolais, Paris 12e, tél. 01 43 40 44 44. Du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h, jusqu’au 19 janvier 2014.

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs