14 mars 2013
Grand Paris et grosses misères

« Je me demande qui peut bien habiter ici ». Le 27 quai Anatole France a de quoi faire rêver. Le film Rive droite, Rive gauche de Philippe Labro s’était plu à montrer comment la magnifique verrière en forme de demi-lune de cet atelier d’artiste dominant la Seine et la Place Concorde pouvait faire fantasmer. Sans doute un des plus beaux appartements de Paris… qui est juché depuis un mois au-dessus d’une véritable autoroute. Avec la décision de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, de fermer la voie express sur berges, qui avait le mérite de faire passer les voitures loin des habitations et des piétons, un flux ininterrompu a vu le jour sur ce quai, entraînant embouteillages et sans aucun doute une pollution qui ne manquera pas de noircir rapidement la façade du Musée d’Orsay ou de la Légion d’honneur qui va bientôt sortir de sa chrysalide. Bref une ineptie afin de créer une voie « verte », laquelle était largement suffisante le dimanche, qui plus est juste en face des Tuileries ou du bas des Champs-Elysées ainsi que l’Esplanade des Invalides qui apportaient déjà pas mal de « vert » dans la ville…

Du racket légal

Des travaux pharaoniques pendant qu’à quelques mètres de là, des dizaines de nids de poules sur le boulevard Saint Germain attendent d’être comblés par quelques kilos de bitume, ce qui éviterait aux deux-roues de risquer leurs vies… Et si cette décision ridicule ne suffisait pas, voilà qu’avec le Grand Paris, l’automobiliste parisien va devoir bientôt se voir racketter de 35 euros en cas de parking prolongé au-delà du temps payé. En dix ans, 30 % des places de parking ont été supprimées tandis que les PV ont augmenté, notamment grâce aux versions électroniques, de 7%. Les camions-fourrière sillonnent les rues tels des « mouches à m… », pour des conducteurs payés à la prime qui embarquent par dizaines les scooters- estimés à 80 000 en 2012 sur Paris- devant les gares faute de parkings suffisants pour les deux-roues. Si Monsieur Bolloré a joui de quantité d’espaces sur la voie publique pour ses Autolibs, quasi aucun espace n’a été créé pour les deux-roues -il manque 50 000 places aujourd’hui qui, il est vrai, ne rapportent rien à la ville (un projet de parcmètres est à l’étude). Alors, avec 35% de plus de scooters en dix ans,  les enlèvements se multiplient -8 800 en 2010 soit un sur dix – avec des PV de 35 euros pour stationnements gênants qui sont du même montant qu’une voiture… On ne peut pourtant pas dire que l’encombrement sur la chaussée est identique… Quant à se garer entre deux voitures, le risque est grand de le retrouver par terre.

Donner aux gens les moyens de se garer, voilà ce qu’une démocratie se doit de faire avant de sanctionner. Et qui en l’absence de mesures justes, devrait un jour ou l’autre faire descendre automobilistes et motards dans la rue autrement que pour, comme des idiots, fêter l’élection d’un maire ou d’un président de gauche…

Par Laetitia Monsacré

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