8 mars 2013
Napoléon et Stéphane

Dans la Cour des Invalides, règne un silence de mort, c’est le cas de le dire…Tous les corps de l’armée, garde républicaine, militaires et marins sont au garde-à-vous;  les résistants portant drapeau aussi. 10 heures 30 pile, la voiture présidentielle arrive. Valérie Trierweiler part sur le côté, se mettre à côté de la veuve de Stéphane Hessel tandis que le président Hollande traverse la cour et vient saluer le drapeau. La Marseillaise retentit. Le Président passe en revue les “troupes” tandis qu’un cameraman galope à ses côtés. Voilà ce que les journalistes tous regroupés en mezzanine  peuvent observer, spectateurs au “balcon” . Le Président part embrasser la veuve de Stéphane Hessel, Christine, tandis que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault lui serre la main. Bientôt le son du tambour se fait, tout d’abord lointain . Puis, de plus en plus proche jusqu’à ce qu’apparaisse un cercueil recouvert d’un drapeau aux couleurs delavées- 95 ans les couleurs ont eu le temps de passer… La statue de Napoléon domine cet ensemble parfaitement ajusté pour l’hommage à un homme qui sut à la fois conquérir les plus grands commis de l’Etat et ceux qui s’opposent, à l’ image  de José Bové. Un grand écart dont peu d’hommes sont capables et qui provoque forcément des critiques…

Cheveux rouges pour un indigné

Dans l’espace réservé au public, il y a d’ailleurs des “looks” bien inhabituels aux Invalides, cheveux longs voire rouges. Car c’était cela Stephane Hessel: un diplomate capable de plaire aux altermondialistes. “Notre cause est juste, la victoire sera nôtre” peut-on lire sur un des drapeaux des anciens résistants. La chose semble toujours vraie… Deux femmes portent ses décorations, derrière ce cercueil posé sur ce qui ressemble à un traîneau. “Je me sens par ta mort amputé”. Les mots de son complice de toujours, Jean Louis Cremieux-Brilhac s’élèvent alors. Que dire après, sinon rappeler le passé de résistant de Stéphane Hessel, “sa gentillesse jamais complaisante”, et son indignation contre cette “injustice sociale digne du XIX eme siècle”; “ta voix de jeune nonagénaire a dit non”, puis enfin la voix se brisant, ” Stéphane, je connais tellement plus de morts que de vivants, je te dis merci”. Voilà les mots émouvants de l’ami auquel il  est difficile de succéder même lorsque l’on s’appelle Carole Bouquet et Apollinaire. Ou encore François Hollande, qui salua un “juste , un grand Français et un homme qui fut une conscience”. Alors les mots se succédèrent pour n’en plus finir. Hessel avait un talent, celui de faire court à l’image de son essai Indignez vous. Sa vie, elle, fut longue. Paix à son âme.

Par Jim

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