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	<title>Orchestre national de Bretagne | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>La Chauve-souris, Strauss entre le rêve et le rire à Rennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 23:54:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Musique/Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Schnitzler]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Lacornerie]]></category>
		<category><![CDATA[La Chauve-souris]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Rennes]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre national de Bretagne]]></category>
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<p align="JUSTIFY">Présenter<i> La Chauve-souris </i>de Strauss au public français comporte toujours une forme de gageure, alors même que cette quintessence de l&rsquo;opérette viennoise adapte <i>Le Réveillon,</i> une pièce de Meilhac et Halévy, le duo aux manettes des opéras-bouffe d&rsquo;Offenbach. Ni artifice du texte allemand qui, imposant l&rsquo;intermédiaire des surtitres, mettrait à distance l&rsquo;immédiateté théâtrale de la comédie, ni retour aux traductions qui parfois trahissent l&rsquo;époque où les ouvrages lyriques étrangers étaient donnés en français, le choix de la production de Jean Lacornerie – rescapée de la crise sanitaire pendant laquelle elle avait été captée à Rennes, avant d&rsquo;être donnée à Toulon il y a quelques semaines, un an après y avoir été annulée à cause de cas de covid dans l&rsquo;équipe artistique – condense les dialogues en un monologue qui se fait le ventriloque des personnages, assuré par une comédienne, Anne Girouard, connue par ailleurs sur le petit écran où elle est apparue dans plusieurs séries, et qui endosse également le vêtement ivrogne de Frosch, le geôlier. Elle y distille des accents de gouaille dans des numéros calibrés à la réactivité du public, à l&rsquo;exemple de la harangue proposant deux finales alternatifs, qui donnent toute l&rsquo;élasticité – pas toujours exempte de discrètes longueurs – de l&rsquo;unité dramaturgique du dispositif.</p>
<p align="JUSTIFY">La légèreté onirique du sourire s&rsquo;affirme dans la scénographie dessinée par Bruno de Lavenère. Le panneau de cadres de portraits aux dorures et ornementations un peu rétro sert d&rsquo;abord, pendant l&rsquo;ouverture, d&rsquo;une forme de générique introduisant les personnages, avant de fonctionner comme des vignettes domestiques jouant des cache-cache du vaudeville. Le procédé s&rsquo;étire au fil de l&rsquo;acte, et le mur finit par se disloquer dans un entrebâillement : la fête chez le Prince Orlofsky se déroule au milieu d&rsquo;échafaudages et d&rsquo;un escalier baignés de rousseurs festives et irréelles, tamisées par Kevin Briard, dans l&rsquo;encadrement d&rsquo;une frise d&rsquo;ampoules théâtrales clignotant à l&rsquo;occasion. Un rideau de satin doré souligne cet espace d&rsquo;illusions et de plaisirs où chacun des personnages se dissimule derrière une identité de pacotille, au milieu des mouvements chorégraphiques réglés par Raphaël Cottin. Les masques tombent dans l&rsquo;épure de la prison, ponctuée de numéros de Frosch au devant du plateau, comme autant de commentaires presque aussi zigzagants que l&rsquo;éthylisme du gardien.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Le meilleur de l&rsquo;esprit de troupe sous la baguette de Claude Schnitzler </b></p>
<p align="JUSTIFY">Dans ce spectacle, donné sans entracte, restituant l&rsquo;alchimie que la partition de Strauss réalise entre comédie sociale et songerie où l&rsquo;humour se teinte de mélancolie, la distribution vocale affirme la cohérence d&rsquo;une troupe aussi attentive au mime de la narration parlée qu&rsquo;à la faconde irrésistible de la musique. Stephan Genz et Eleonore Marguerre se révèlent complémentaires dans l&rsquo;incarnation du stéréotype bourgeois qu&rsquo;est le couple von Eisenstein. Si l&rsquo;entrée de Milos Bulajic force parfois un peu l&rsquo;émission et semble un peu hésitante, son Alfred laisse ensuite s&rsquo;épanouir une large palette expressive, jusque dans les mélopées du chanteur dans sa cellule, pastichant, avec un savoureux anachronisme par rapport à l&rsquo;opérette de Strauss, le <i>Werther</i> de Massenet et le Bacchus dans <i>Ariane à Naxos</i> de Richard Strauss. Claire de Sévigné exprime une Adèle expansive dans les minauderies de la servante et les prétentions artistiques de la soubrette, aux côtés de sa sœur Ida, campée par Veronika Seghers. Thomas Tatzl résume la bonhomie narquoise du Dr Falk, face au robuste Franck, le gouverneur de la prison, qu&rsquo;impose Horst Lamnek, et à l&rsquo;androgynie doucement excentrique de Stephanie Houtzeel en Orlofsky. Quant aux bégaiements de Dr Blind, avocat pitoyable, ils sont détaillés avec gourmandise par François Piolino.</p>
<p align="JUSTIFY">Préparé par Gildas Pungier, le Choeur de chambre Mélisme(s), en résidence à l&rsquo;Opéra de Rennes, participe de l&rsquo;enthousiasme de cette <i>Chauve-souris</i> emmenée par la baguette experte de l&rsquo;émérite Claude Schnitzler, qui se voit remettre, au soir de la première, une médaille d&rsquo;honneur de la Ville de Rennes. A la tête de l&rsquo;Orchestre national de Bretagne, qui compte désormais parmi les belles phalanges françaises, le chef distille son amour instinctif et communicatif d&rsquo;une musique aussi enlevée que raffinée. Les saveurs de Strauss défient les âges et les saisons.</p>
<h6 align="RIGHT">Par Gilles Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY"><i>La Chauve-souris,</i> du 29 janvier au 6 février 2024 à l&rsquo;Opéra de Rennes, du 20 au 28 février 2024 à Nantes et du 10 au 12 mars à Angers.</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/la-chauve-souris-strauss-entre-le-reve-et-le-rire-a-rennes/">La Chauve-souris, Strauss entre le rêve et le rire à Rennes</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Fantômes concertants à l&#8217;Orchestre national de Bretagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2021 00:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Fiona Monbet]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Demarquette]]></category>
		<category><![CDATA[Michale Levinas]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre national de Bretagne]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La momification de la musique classique est désormais un cliché obsolète. Si la plupart des formations symphoniques inscrivent la musique «&nbsp;contemporaine&nbsp;» au cœur de leur répertoire et s&rsquo;attachent à renouveler leur audience en s&rsquo;ouvrant à un public rajeuni, le travail mené par l&rsquo;Orchestre national de Bretagne et son administrateur Marc Feldman depuis une dizaine d&rsquo;années se révèle exemplaire. Pour ce qui est de la diversification générationnelle, un coup d&rsquo;oeil sur la salle ou à l&rsquo;entracte, lors du concert dirigé par Fiona Monbet à l&rsquo;Opéra de Rennes, permet de se convaincre combien la jeunesse rennaise, sinon bretonne, s&rsquo;est approprié «&nbsp;son&nbsp;» orchestre, au-delà des actions en milieu scolaire et universitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le prolongement naturel de l&rsquo;engagement aux côtés de la création, sans préjugés esthétiques, le programme des concerts du 27 et 28 octobre s&rsquo;inscrit dans le projet du consortium initié par cinq orchestres français – les quatre autres étant l&rsquo;Orchestre national Avignon-Provence, l&rsquo;Orchestre symphonique de Mulhouse, l&rsquo;Orchestre national de Cannes et l&rsquo;Orchestre de Picardie – afin de contribuer à la diffusion de nouvelles œuvres par d&rsquo;autres formations que les ensembles spécialisés, et ainsi à leur inscription au cœur du paysage musical. Après la première mondiale à Avignon en juin dernier, le <em>Concerto pour violoncelle </em>commandé à Michaël Levinas poursuit sa tournée dans la capitale bretonne. Imaginée alors qu&rsquo;un confinement sanitaire figeait le pays, la partition réinvente les codes du genre concertant. Partant de l&rsquo;instrument soliste, dont elle explore les potentialités de timbres et de jeux sans que la virtuosité ne devienne jamais gratuitement démonstrative, la partition traite la réponse orchestrale comme l&rsquo;écho ou les fantômes du violoncelle – avec des teintes aux allures de tulle parfois redoutables d&rsquo;exécution, à l&rsquo;exemple de la partie de cor. En quatre sections, c&rsquo;est un authentique voyage poétique, depuis la pudique lamentation du <em>Choral en larmes</em> jusqu&rsquo;à un épilogue feutré qui prolonge la densification évolutive du troisième mouvement <em>Les chemins égarés.</em> L&rsquo;archet de Henri Demarquette, qui a accompagné le compositeur dans ses recherches sur la lutherie pour enrichir la palette de l&rsquo;écriture, met en avant la richesse expressive, les couleurs et les textures, aussi évocatrices qu&#8217;empreintes d&rsquo;intériorité, d&rsquo;une page confirmant que les ressources modales et polyphoniques n&rsquo;appartiennent pas au passé, dans un voisinage avec des grands classiques qui, à chaque étape de la tournée, participera à la diversité des écoutes – signe évident que l&rsquo;on fera vivre cette création d&rsquo;une magnifique sensibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La création au cœur du répertoire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ainsi que, après Avignon où l&rsquo;opus partageait l&rsquo;affiche avec la <em>Symphonie n°3</em> de Beethoven, le programme rennais le juxtapose avec la<em> Symphonie n°41 en ut majeur</em> de Mozart, l&rsquo;ultime du génie de Salzbourg. Fiona Monbet, qui fait partie des six personnalités en lice pour la succession de Grant Llewellyn à la direction musicale de l&rsquo;Orchestre de Bretagne – dans une parfaite parité, les cinq autres étant Joana Carneiro, Anna Duczmal-Mroz, Aurélien Azan Zielinski, Nicoals Ellis et Benjamin Levy –, fait ressortir la vitalité d&rsquo;une inimitable générosité mélodique et rythmique. Plus que la pulsation rhétorique, que les baroqueux ont souvent voulu souligner, la présente lecture, assimilant – comme désormais la plupart des approches symphoniques aujourd&rsquo;hui du classicisme viennois – la franchise des attaques et la clarté du son héritées du travail sur instruments d&rsquo;époque, privilégie une certaine théâtralité des émotions qui n&rsquo;hésite pas à bousculer ça et là les notes pour ménager des effets, à l&rsquo;exemple de l&rsquo;émulsive jubilation du finale, mais aussi dans les contrastes et les demi-teintes, voilant ça et là l&rsquo;<em>Allegro vivace</em> augural comme l&rsquo;<em>Andante cantabile</em>, aux ambiguïtés quasi schubertiennes. Enfin, avec son parcours iconoclaste, à la croisée des genres, la cheffe française a choisi, avec la <em>Création du monde</em> de Milhaud en ouverture de soirée, un parfait résumé de cette hybridation dépassant les clivages traditionnels&nbsp;: le court ballet pour orchestre de chambre chatoyant est l&rsquo;un des premières assimilations du jazz dans la musique occidentale, un an avant <em>Rhapsodie in Blue</em>. Assurément, l&rsquo;Orchestre national de Bretagne ignore les frontières.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Par Gilles Charlassier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Orchestre national de Bretagne, concerts des 27 et 28 octobre 2022</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/fantomes-concertants-a-lorchestre-national-de-bretagne/">Fantômes concertants à l’Orchestre national de Bretagne</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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