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	<title>Opéra de Bordeaux | Jim le Pariser</title>
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		<title>Charismatique ouverture de saison à l&#8217;Orchestre national Bordeaux Aquitaine avec Joseph Swensen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Sep 2024 02:58:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Musique/Danse]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-47766" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-300x200.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-620x414.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-768x513.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-1536x1025.jpg 1536w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/10/Auditorium©Julien-Fernandez34982-scaled-1-2048x1367.jpg 2048w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">C&rsquo;est un rendez-vous institué par Emmanuel Hondré à son arrivée à l&rsquo;Opéra de Bordeaux en 2022, le concert d&rsquo;ouverture de la saison avec une diffusion hors les murs dans la métropole et la région, ainsi que dans les deux villes jumelées avec la capitale aquitaine, Munich et Los Angeles. L&rsquo;association avec cette dernière prend un relief particulier, non seulement en raison des Jeux Olympiques, mais également parce que le nouveau directeur musical de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine est américain. Joseph Swensen avait déjà suscité l&rsquo;enthousiasme du public bordelais en septembre 2023, que l&rsquo;on retrouvera encore plus évident pour cette soirée inaugurant son mandat à la tête de la phalange girondine.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">La portée symbolique – et citoyenne – du programme n&rsquo;a pas été laissée au hasard. Près d&rsquo;un demi-siècle après Copland et sa <i>Fanfare for the Common Man,</i> commandée, après l&rsquo;attaque de Pearl Harbor, pour soutenir l&rsquo;effort patriotique pendant la Seconde Guerre Mondiale, et restée, au-delà des circonstances, une page du répertoire, sa compatriote, Joan Tower a composé six <i>Fanfares for the Uncommon Woman,</i> en hommage aux femmes «&nbsp;audacieuses et qui prennent des risques&nbsp;». Pour un ensemble de dix cuivres, la <i>Troisième </i>évolue depuis un lyrisme à la fois un peu solennel et voilé de dissonnances vers un élan lumineux, porté par une énergie qui en fait un prélude naturel à l&rsquo;humanisme universel de la <i>Neuvième Symphonie</i> de Beethoven.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><b>Beethoven, messager d&rsquo;un élan humaniste universel </b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">Par une gestuelle très expressive, quasi chorégraphique par moments, un peu profuse peut-être dans les premières mesures, Joseph Swensen fait retentir le chaos démiurgique au début de l&rsquo;<i>Allegro ma non troppo, un poco maestoso,</i> avec un instinct évident d&rsquo;une verticalité où les motifs thématiques résonnent comme des précipités un peu frustes ou primitifs. Rien de confus pour autant dans la conduite du mouvement&nbsp;: la souplesse dans l&rsquo;éclairage de chacun des pupitres soutient sans relâche la narration de la sortie de l&rsquo;humanité depuis ses ténèbres géologiques. Cet instinct de la caractérisation et cette énergie expressive se confirment dans un scherzo qui prend l&rsquo;allure d&rsquo;une chevauchée épique, rythmée par la vitalité des attaques orchestrales, dans la continuité de l<i>&lsquo;Allegro</i> initial, mais avec une fougue lumineuse, nouvelle et irrésistible. On y devine déjà une fluidité du tempo qui, avec un sens éloquent du contraste, s&rsquo;épanouira pleinement dans l&rsquo;<i>Adagio molto e cantabile</i>. La plasticité avec laquelle est développée la ligne mélodique révèle les variations comme une évolution organique d&rsquo;un chant aussi infini que sa douceur réconciliatrice. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">L&rsquo;introduction du finale, avec les brèves citations de chacun des mouvements précédents, revient à l&rsquo;inspiration démiurgique, accompagnée avec une efficacité aussi théâtrale que symphonique, avant que ne retentissement, depuis les graves, les notes de l&rsquo;<i>Hymne à la joie</i>. La générosité de la direction de Joseph Swensen se confirme dans cette fresque jalonnée de ruptures, encourageant chacun des pupitres mis en avant par la partition. Soutenu par les choeurs, réunissant les effectifs de Bordeaux, préparés avec soin par leur chef depuis dix ans, Salvatore Caputo, et ceux d&rsquo;Angers Nantes Opéra emmenés par Xavier Ribes, le quatuor vocal défend le message d&rsquo;espérance des vers de Schiller, avec une certaine complémentarité dans l&rsquo;équilibre des tessitures. Le ténor Mauro Peter adoucit la vitalité un peu mordante de la basse Florian Boesch, tandis que le mezzo d&rsquo;Anna Bonitatibus enrichit le soprano clair d&rsquo;Angelique Boudeville. L&rsquo;enthousiasme qui accueille la conclusion ne laisse aucun de doute sur le charismatisme du chef américain, qui présente le 3 octobre le premier volet d&rsquo;une trilogie symphonique. Beethoven ne pouvait être un meilleur ambassadeur pour ce désir de partager les émotions musicales. Pour la saison 2024-2025, le concert dans la ville est plus que jamais un emblème de l&rsquo;opéra citoyen défendu par Emmanuel Hondré.</span></p>
<h6 align="RIGHT"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">Gilles Charlassier</span></h6>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial, sans-serif;">Concert Orchestre national Bordeaux Aquitaine, Auditorium, Bordeaux. Diffusion dans 70 lieux de la ville et de la région. 20 septembre 2024 </span></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/charismatique-ouverture-de-saison-a-lorchestre-national-bordeaux-aquitaine-avec-joseph-swensen/">Charismatique ouverture de saison à l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine avec Joseph Swensen</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Doublé lyrique engagé à l&#8217;Opéra de Bordeaux</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/double-lyrique-engage-a-lopera-de-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2024 17:52:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Anne-Catherine Gillet]]></category>
		<category><![CDATA[Camille Schnorr]]></category>
		<category><![CDATA[Chloé Lechat]]></category>
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		<category><![CDATA[Lucie Leguay]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Bordeaux]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-48400" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-300x200.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-620x413.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-768x511.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-1536x1022.jpg 1536w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2024/11/sentinelles-2-2048x1363.jpg 2048w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY">Depuis son arrivée à l&rsquo;Opéra de Bordeaux, Emmanuel Hondré défend un projet citoyen qui se traduit par une sobriété dans la logique de production, en réutilisant les éléments de décors des ateliers de la maison, vertu autant économique qu&rsquo;écologique, qui permet également de présenteer presque simultanément deux productions lyriques, une version condensée du Chapeau de paille de Florence de Rota, avec les artistes du choeur placés sous la houlette de leur directeur depuis dix ans, Salvatore Caputo et une création mondiale, Les Sentinelles de Clara Olivares.</p>
<p align="JUSTIFY">Le premier spectacle, donné sur le plateau de l&rsquo;Auditorium, dans une mise en scène de Julien Duval, offre un moment de divertissement populaire, dans l&rsquo;esprit d&rsquo;un compositeur en marge des avant-gardes et célèbre pour ses musiques de films, avec entre autres l&rsquo;incontournables Parrain de Coppola, sans oublier quelques-uns des plus grand Fellini, tels La Strada ou La dolce vita. D&rsquo;une faconde irrésistible, la farce lyrique <i>Le Chapeau de paille de Florence</i>, inspirée par un vaudeville de Labiche, suit les péripéties invraisemblables d&rsquo;un jeune marié à la quête d&rsquo;un chapeau de paille pour remplacer celui que son cheval a mangé. Dans un décor de bandes rouges et balnches aux allures aussi circassiennes que les costumes, les imbroglios s&rsquo;enchaînent au rythme de la volubilité théâtrale, accentuée par la réduction pour piano – avec de très habiles effets expressifs de la main de Rota lui-même – et le resserrement de l&rsquo;oeuvre à soixante-dix minutes, quelques airs plus opératiques ayant été coupés. Entre boulevard et gags à la Buster Keaton, ce Chapeau de paille n&rsquo;a pas le temps de prendre une ride.</p>
<p align="JUSTIFY">Le lendemain, le deuxième opéra de Clara Olivares – conçu, comme le premier,<i> Mary,</i> pour ensemble, marionnettes et électronique en temps réel, avec une certaine économie de moyens, même s&rsquo;il requiert un effectif orchestral d&rsquo;une trentaines de pupitres – met en scène, sur un livret de Chloé Lechat, le mal-être d&rsquo;une fille surdouée sur fond de l&rsquo;éternelle inconstance des amours et de la difficulté à se dire la vérité, dans le couple comme dans la famille. E est témoin de la nouvelle idylle de sa mère, A, avec un couple de femmes, B et C, dont la relation commence à montrer des signes de fatigue. En désignant les personnages par de simples lettres, le texte prétend ne pas contraindre l&rsquo;imagination du spectateur, sans penser que les catégories socio-professionnelles des trois femmes – libraire, architecte et comédienne – correspond à celles, majoritaires, du public lyrique dans une métropole comme Bordeaux.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Un création intimiste</b></p>
<p align="JUSTIFY">Jalonnée d&rsquo;interludes, la partition se souvient de <i>Pelléas et Mélisande,</i> sans la transsubstantiation du trivial chez Maeterlink et Debussy. Le naturel et la fluidité de l&rsquo;écriture vocale de Clara Olivares s&rsquo;inscrit dans la rupture de l&rsquo;opéra d&rsquo;aujourd&rsquo;hui avec les avant-gardes inchantables, mais reste un artifice comme un autre pour traduire un réel quintessencié aux limites de l&rsquo;abstraction. Le dosage expressif d&rsquo;une dramaturgie cohérente et habilement construite comme un flash-back d&rsquo;un tragique accident révélé dans les dernières secondes, le suicide de E, retient un peu trop le potentiel expressionniste à la <i>Wozzeck</i> du tomber de rideau.</p>
<p align="JUSTIFY">Sous les lumières de Philippe Berthomé qui contribuent à l&rsquo;intimisme psychologique de la narration, la blancheur presque clinique du décor dessiné par Céleste Langrée n&rsquo;oublie pas de moduler les espaces domestiques des unes et des autres avec quelques éléments mobiliers. Les choix vestimentaires de Sylvie Martin-Hyszka participent de la caractérisation des protagonistes, entre la fébrilité angoissée de A, l&rsquo;allure plus posée de B et l&rsquo;impulsivité passablement immature de C, plus sûrement peut-être que la typologie vocale, en dépit des intentions manifestes de la compositrice. Les vidéos réalisées par Anatole Levilain-Clément illustrent les confessions de E à sa psychothérapeute, une voix enregistrée au timbre grave et rassurant, dans une esthétique de cartoon avec des yeux tournoyant comme un vortex – symbole appuyé du tourbillon de questions qui assaille l&rsquo;adolescente trop intelligente pour son âge.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;incarnation du trio de solistes compense également heureusement le relatif schématisme des personnages, et leur donne une présence sensible. Anne-Catherine Gillet, A, se distingue par une intonation pastel jamais mièvre et toujours sur le fil, avec une émission souple que dramatise une authentique tension expressive qui contraste avec l&rsquo;éclat nerveux de Camille Schnorr, alias C. Sylvie Brunet-Grupposo fait entendre, dans le mezzo plus serein de B, une homogénéisation bénéfique d&rsquo;un timbre riche d&rsquo;harmoniques. Confiées à une comédienne, Noémie Develay-Ressiguier, les interventions de E évitent le cliché de la voix d&rsquo;enfant, qui, dans le cas d&rsquo;une fille surdouée, serait une caricature d&rsquo;autant moins pertinente. Elles constituent une judicieuse respiration dans un monochromatisme lancinant rappelant le Glass des<i> Enfants terribles</i>, et que Lucie Leguay met en valeur à la tête de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine. Courageusement soutenue par Bordeaux, Limoges et l&rsquo;Opéra Comique, la création des Sentinelles laisse le souvenir d&rsquo;un essai en quête d&rsquo;aboutissement.</p>
<p align="JUSTIFY">Par Gilles Charlassier</p>
<p align="JUSTIFY"><i>Le Chapeau de paille de Florence</i> et<i> Les Sentinelles</i>, Opéra de Bordeaux, novembre 2024</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/double-lyrique-engage-a-lopera-de-bordeaux/">Doublé lyrique engagé à l’Opéra de Bordeaux</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Baroque revisited à Bordeaux</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/baroque-revisited-a-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 05:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Didon et Enée revisited]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Bordeaux]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-47318" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-300x200.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-620x413.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-768x512.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-1536x1024.jpg 1536w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/02/©_Pierre_Planchenault-02958-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Avec le <i>Didon et Enée revisited</i> coproduit avec la Ferme de Villefavard et le Conservatoire de Bordeaux, l&rsquo;Opéra national de Bordeaux met à l&rsquo;affiche le spectacle augural de l&rsquo;Académie que vient d&rsquo;initier Emmanuel Hondré pour sa première saison. Si, comme la plupart des projets de cet ordre, le dispositif bordelais constitue un tremplin pour de jeunes artistes, cet opéra en format de poche dépasse la seule diffusion de l&rsquo;art lyrique en dehors des murs habituels du genre, pour proposer une relecture inventive d&rsquo;un des classiques du répertoire – créé pour un pensionnat de jeunes filles, l&rsquo;ouvrage de Purcell se prête idéalement à ce genre d&rsquo;adaptation. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Au-delà du prévisible rapprochement de l&rsquo;errance des deux héros virgiliens avec la crise des migrants – l&rsquo;histoire se déroule sur les côtes libyennes, les mêmes que celles des drames humanitaires contemporains –, Louise Brun tire surtout parti de la sobriété scénographique tenant à la fois du radeau et du baldaquin, comme de l&rsquo;arrangement musical réalisé par Haru Shionoya pour un quintette – bandonéon, clarinette, flûte, violon et violoncelle – dépassant les clivages de traditions et d&rsquo;époques. Conçus, comme pour le <i>Requiem</i> mis en scène par Stéphane Braunschweig, dans une économie de recyclage ou de réemploi, les décors et costumes esquissent un campement de fortune, comme une parenthèse en marge des fureurs du monde. Sous les lumières calibrées par Théo Phélippeau, les tissus soulignent peut-être plus que nécessaire la précarité des narrateurs musiciens, réunis en consort comme pour une veillée, support intime autant que cadre pour des tableaux où interviennent les maléfices contraires de la magicienne de la sorcière, de l&rsquo;esprit et du marin – confiés à l&rsquo;expressive Aviva Manenti.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Mais c&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;incarnation d&rsquo;Amandine Portelli en Didon qui retient l&rsquo;attention. A 19 ans, la mezzo se distingue par une densité et une variété dans le timbre riches de promesses, portées par un évident investissement dramatique. En Enée, Eduard Ferenczi-Gurban lui répond avec une vaillance qui n&rsquo;oublie jamais le sentiment, ni les ambiguïtés velléitaires du personnage. Les interventions de Marie Lombard en Belinda complètent ce resserrement de la narration qui s&rsquo;articule sur la réinvention du continuo par le bandonéon. La texture discontinue de ce qui était à l&rsquo;origine un ersatz d&rsquo;orgue dans les offices germaniques évoque habilement la fragilité et les ellipses des émotions et de la mémoire, tandis qu&rsquo;à la flûte ou la clarinette s&rsquo;identifient des situations et des personnages. Par delà ses métamorphoses – et ses allégements –, c&rsquo;est bien la force de la partition de Purcell qui nourrit un spectacle rappelant que le patrimoine ne saurait se limiter au culte muséal, et se conjugue au présent, même pour les publics qui en seraient les plus éloignés.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;"><b>Bach revisité</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">C&rsquo;est cette même volonté d&rsquo;ouvrir au-delà des conventions usuelles les concerts confiés aux musiciens de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine, et en faisant appel aux forces de la maison, qui a réuni le trio formé par Alexis Descharmes, Nicolas Mouret et Stéphane Rougier et deux danseurs du Ballet de l&rsquo;Opéra de Bordeaux, Marc-Emmanuel Zanoli et Simon Asselin, dans une mise en espace de la transcription des<i> Variations Goldberg</i> par Dmitri Sitkovetsky sur la scène du Grand-Théâtre. Plutôt que d&rsquo;illustrer la partition de Bach par la chorégraphique, les mouvements se glissent épisodiquement sur les permutations du thème et du contrepoint dans un jeu de calques aéré entre les notes et les gestes, dans les pas d&rsquo;un certain néo-classicisme que l&rsquo;on pourrait relier parfois à Balanchine. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Après cette proposition apéritive, prolongée, pour ceux qui le souhaitent, par une dégustation de vins dans le Foyer, Bach – et la danse – sont à nouveau à l&rsquo;honneur l&rsquo;après-midi à l&rsquo;Auditorium, avec le deuxième concert de la trilogie que Raphaël Pichon et Pygmalion propose autour du Cantor de Leipzig, qui fait rayonner sa musique à partir des sources qui l&rsquo;ont nourri. Intitulé<i> Les maîtres ou les goûts réunis,</i> cet épisode du cycle <i>Les chemins de Bach</i> mêle les rythmes et les harmonies de l&rsquo;Europe baroque qui ont façonné la synthèse cosmopolite du compositeur allemand, des polyphonies du <i>Beatus vir à huit voix</i> des <i>Selva morale et spirituale</i> de Monterverdi, restituées avec une vitalité et une transparence lumineuses à la <i>Passacaille </i>d&rsquo;<i>Armide </i>de Lully, qui mériterait sans doute un épanouissement plus souple, en passant par des raretés germaniques de Böhm, Bernhard ou Reinken, sans oublier une des <i>Kleine Geistliche Konzerte </i>de Schütz, d&rsquo;une décantation fascinante. En réponse à l&rsquo;<i>Historia du Jephte </i>de Carissimi, le voyage se referme sur la cantate <i>BWV 150</i>, qui frappe par ses effets orchestraux singuliers, ménageant aux cordes un halo ondulant qui est peut-être celui de l&rsquo;Esprit Saint, dont Raphaël Pichon et ses acolytes, en résidence à Bordeaux, se font ici les ministres inspirés. Entre exploration historique et propositions originales, un beau week-end qui revisite le Baroque.</span></p>
<h6 align="RIGHT"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Par G</span>illes Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY"><i>Didon et Enée revisited</i>, Opéra de Bordeaux, du 4 au 6 février 2023. Concerts Bach le 5 février 2023.</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/baroque-revisited-a-bordeaux/">Baroque revisited à Bordeaux</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Cendrillon féerique et piquante à Bordeaux</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/cendrillon-feerique-et-piquante-a-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Dec 2021 15:01:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Cendrillon]]></category>
		<category><![CDATA[David Bintley]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Bordeaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ainsi qu&#8217;il est de coutume pour les fêtes de fin d&#8217;année, le ballet est à l&#8217;honneur à l&#8217;Opéra de Bordeaux, comme dans toute compagnie classique à l&#8217;instar de l&#8217;Opéra de Paris – celle de Bordeaux est la deuxième de France [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-47228" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/01/Cendrillon1-BalletdeBordeaux-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/01/Cendrillon1-BalletdeBordeaux-300x199.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2023/01/Cendrillon1-BalletdeBordeaux.jpg 520w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Ainsi qu&rsquo;il est de coutume pour les fêtes de fin d&rsquo;année, le ballet est à l&rsquo;honneur à l&rsquo;Opéra de Bordeaux, comme dans toute compagnie classique à l&rsquo;instar de l&rsquo;Opéra de Paris – celle de Bordeaux est la deuxième de France après celle de la capitale. Pour le cru 2022, c&rsquo;est la relecture du <i>Cendrillon</i> de Prokofiev par David Bintley qui est remis à l&rsquo;affiche, trois ans après son entrée au répertoire du Grand-Théâtre, alors perturbée par les grèves. Si la chorégraphie bien connue des amateurs parisiens et français de Noureev, à Garnier et désormais à Bastille, a transposé le conte de Perrault au milieu des mirages d&rsquo;Hollywood, celle de David Bintley revient à une certaine magie originelle, non sans accentuer certaines situations ou caractères. Ainsi, Cendrillon est-elle ici non seulement orpheline de mère, mais également de père&nbsp;: la toute-puissance de la marâtre se conjugue à une gêne certaine confinant à l&rsquo;indigence pour celle qui est réduite à la domesticité. Cela donne alors un relief supplémentaire à la quête du mariage providentiel, redoublé par celui des deux sœurs renommées Skinny et Dumpy, en référence à l&rsquo;anorexie de l&rsquo;une et la boulimie de l&rsquo;autre – avec un mordant comique que certains n&rsquo;oseraient peut-être plus aujourd&rsquo;hui. Dessinés par John MacFarlane pour la création du spectacle par le Birmingham Royal Ballet en 2010, les décors et costumes déclinent des pastels, voire des paillettes, au diapason de ces noces entre humour et féerie portées par la lecture du chorégraphe britannique.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;"><b>Une <i>Cendrillon</i> sous le signe de l&rsquo;osmose</b></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Pour la soirée de première de cette reprise, c&rsquo;est un couple, sur scène et à la ville, bien connu des amateurs bordelais, qui incarnent Cendrillon et le Prince. L&rsquo;osmose entre Diane Le Floc&rsquo;h et Neven Ritmanic s&rsquo;affirme au fil de la soirée, depuis la timidité des premiers émois jusque dans l&rsquo;intensité du duo amoureux et le triomphe des sentiments véritables. Les figures qui gravitent autour des amants ne manquent pas de saveur. Outre les chamarres excentriques des deux sœurs et leur mère, la clique des artisans de l&rsquo;apparat, coiffeur, perruquier et autres costumes, ne le cède en rien aux fées, douées d&rsquo;une indéniable tendresse. Les ensembles sollicitent généreusement le corps du Ballet, et même des élèves du CRR de Bordeaux. Cet éblouissement s&rsquo;appuie évidemment sur la partition de Prokofiev, l&rsquo;une des plus belles du répertoire – même si <i>Roméo et Juliette</i> affirme peut-être une richesse expressive supplémentaire. Sous la baguette de Pierre Dumoussaud, les pupitres de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine en font respirer l&rsquo;essentiel des rythmes et des couleurs, comme un parfait écrin pour la narration chatoyante de David Bintley. Un classique rafraîchi et un cadeau idéal pour les fêtes de Noël et du Nouvel An&nbsp;!</span></p>
<h6 align="RIGHT"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Par G</span>illes Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY"><i>Cendrillon</i>, ballet de David Bintley, Opéra de Bordeaux, décembre 2022.</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/cendrillon-feerique-et-piquante-a-bordeaux/">Cendrillon féerique et piquante à Bordeaux</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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