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	<title>Michale Levinas | Jim le Pariser</title>
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		<title>Fantômes concertants à l&#8217;Orchestre national de Bretagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2021 00:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Fiona Monbet]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Demarquette]]></category>
		<category><![CDATA[Michale Levinas]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre national de Bretagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La momification de la musique classique est désormais un cliché obsolète. Si la plupart des formations symphoniques inscrivent la musique «&#160;contemporaine&#160;» au cœur de leur répertoire et s&#8217;attachent à renouveler leur audience en s&#8217;ouvrant à un public rajeuni, le travail [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La momification de la musique classique est désormais un cliché obsolète. Si la plupart des formations symphoniques inscrivent la musique «&nbsp;contemporaine&nbsp;» au cœur de leur répertoire et s&rsquo;attachent à renouveler leur audience en s&rsquo;ouvrant à un public rajeuni, le travail mené par l&rsquo;Orchestre national de Bretagne et son administrateur Marc Feldman depuis une dizaine d&rsquo;années se révèle exemplaire. Pour ce qui est de la diversification générationnelle, un coup d&rsquo;oeil sur la salle ou à l&rsquo;entracte, lors du concert dirigé par Fiona Monbet à l&rsquo;Opéra de Rennes, permet de se convaincre combien la jeunesse rennaise, sinon bretonne, s&rsquo;est approprié «&nbsp;son&nbsp;» orchestre, au-delà des actions en milieu scolaire et universitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le prolongement naturel de l&rsquo;engagement aux côtés de la création, sans préjugés esthétiques, le programme des concerts du 27 et 28 octobre s&rsquo;inscrit dans le projet du consortium initié par cinq orchestres français – les quatre autres étant l&rsquo;Orchestre national Avignon-Provence, l&rsquo;Orchestre symphonique de Mulhouse, l&rsquo;Orchestre national de Cannes et l&rsquo;Orchestre de Picardie – afin de contribuer à la diffusion de nouvelles œuvres par d&rsquo;autres formations que les ensembles spécialisés, et ainsi à leur inscription au cœur du paysage musical. Après la première mondiale à Avignon en juin dernier, le <em>Concerto pour violoncelle </em>commandé à Michaël Levinas poursuit sa tournée dans la capitale bretonne. Imaginée alors qu&rsquo;un confinement sanitaire figeait le pays, la partition réinvente les codes du genre concertant. Partant de l&rsquo;instrument soliste, dont elle explore les potentialités de timbres et de jeux sans que la virtuosité ne devienne jamais gratuitement démonstrative, la partition traite la réponse orchestrale comme l&rsquo;écho ou les fantômes du violoncelle – avec des teintes aux allures de tulle parfois redoutables d&rsquo;exécution, à l&rsquo;exemple de la partie de cor. En quatre sections, c&rsquo;est un authentique voyage poétique, depuis la pudique lamentation du <em>Choral en larmes</em> jusqu&rsquo;à un épilogue feutré qui prolonge la densification évolutive du troisième mouvement <em>Les chemins égarés.</em> L&rsquo;archet de Henri Demarquette, qui a accompagné le compositeur dans ses recherches sur la lutherie pour enrichir la palette de l&rsquo;écriture, met en avant la richesse expressive, les couleurs et les textures, aussi évocatrices qu&#8217;empreintes d&rsquo;intériorité, d&rsquo;une page confirmant que les ressources modales et polyphoniques n&rsquo;appartiennent pas au passé, dans un voisinage avec des grands classiques qui, à chaque étape de la tournée, participera à la diversité des écoutes – signe évident que l&rsquo;on fera vivre cette création d&rsquo;une magnifique sensibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La création au cœur du répertoire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ainsi que, après Avignon où l&rsquo;opus partageait l&rsquo;affiche avec la <em>Symphonie n°3</em> de Beethoven, le programme rennais le juxtapose avec la<em> Symphonie n°41 en ut majeur</em> de Mozart, l&rsquo;ultime du génie de Salzbourg. Fiona Monbet, qui fait partie des six personnalités en lice pour la succession de Grant Llewellyn à la direction musicale de l&rsquo;Orchestre de Bretagne – dans une parfaite parité, les cinq autres étant Joana Carneiro, Anna Duczmal-Mroz, Aurélien Azan Zielinski, Nicoals Ellis et Benjamin Levy –, fait ressortir la vitalité d&rsquo;une inimitable générosité mélodique et rythmique. Plus que la pulsation rhétorique, que les baroqueux ont souvent voulu souligner, la présente lecture, assimilant – comme désormais la plupart des approches symphoniques aujourd&rsquo;hui du classicisme viennois – la franchise des attaques et la clarté du son héritées du travail sur instruments d&rsquo;époque, privilégie une certaine théâtralité des émotions qui n&rsquo;hésite pas à bousculer ça et là les notes pour ménager des effets, à l&rsquo;exemple de l&rsquo;émulsive jubilation du finale, mais aussi dans les contrastes et les demi-teintes, voilant ça et là l&rsquo;<em>Allegro vivace</em> augural comme l&rsquo;<em>Andante cantabile</em>, aux ambiguïtés quasi schubertiennes. Enfin, avec son parcours iconoclaste, à la croisée des genres, la cheffe française a choisi, avec la <em>Création du monde</em> de Milhaud en ouverture de soirée, un parfait résumé de cette hybridation dépassant les clivages traditionnels&nbsp;: le court ballet pour orchestre de chambre chatoyant est l&rsquo;un des premières assimilations du jazz dans la musique occidentale, un an avant <em>Rhapsodie in Blue</em>. Assurément, l&rsquo;Orchestre national de Bretagne ignore les frontières.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Par Gilles Charlassier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Orchestre national de Bretagne, concerts des 27 et 28 octobre 2022</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/fantomes-concertants-a-lorchestre-national-de-bretagne/">Fantômes concertants à l’Orchestre national de Bretagne</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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