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	<title>Menton | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>Le Festival de Menton, l&#8217;autre Mecque du piano d&#8217;aujourd&#8217;hui et de demain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:32:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Chamayou]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Menton]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunes Talents Yamaha]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; A deux cents kilomètres de La Roque d&#8217;Anthéron, le Festival de Menton s&#8217;est imposé, depuis l&#8217;arrivée de Paul-Emmanuel Thomas, comme une étape incontournable du piano pendant l&#8217;été, en misant sur quelques grandes sensibilités artistiques d&#8217;aujourd&#8217;hui, et de demain, plutôt [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-48568" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2025/08/menton-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2025/08/menton-1-300x200.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2025/08/menton-1-620x413.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2025/08/menton-1-768x512.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2025/08/menton-1.jpg 980w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />A deux cents kilomètres de La Roque d&rsquo;Anthéron, le Festival de Menton s&rsquo;est imposé, depuis l&rsquo;arrivée de Paul-Emmanuel Thomas, comme une étape incontournable du piano pendant l&rsquo;été, en misant sur quelques grandes sensibilités artistiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et de demain, plutôt qu&rsquo;un foisonnement plus ou moins exhaustif. Conçus avec le soutien de la célèbre firme japonaise, les deux concerts Jeunes Talents Yamaha au Palais de l&rsquo;Europe présentent six des candidats parmi les plus prometteurs du prochain Concours Chopin de Varsovie, dans un programme entièrement consacré au maître franco-polonais.</p>
<p align="JUSTIFY">Kwanwook Lee ouvre le second de ces deux rendez-vous avec <i>Sonate n°2 en si bémol mineur op. 35</i>. Le soliste sud-coréen s&rsquo;appuie sur le contraste entre la tension dramatique des accords auguraux du premier mouvement et la section centrale plus chantante. Ce même équilibre se retrouve dans le <i>Scherzo</i>, avant une <i>Marche funèbre</i> tournée vers une intensité expressive à la sincérité cependant assez académique. Joué comme un précipité des thèmes de la partition réduits à l&rsquo;état de traces, le perpetuum mobile finale trouve ici une appréciable lisibilité.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Andrej Wlercinski, un nom à suivre </b></p>
<p align="JUSTIFY">Dès la <i>Ballade n°4 en fa mineur op. 52</i>, Andrej Wlercinski se distingue par son instinct du style et une indéniable maturité musicale. La maîtrise du rubato confère à la fluidité mélodique une souplesse et une élégance de salon romantique, dénuée cependant de toute afféterie. Dans ce mélange entre allant et retenue, ce sens du phrasé, jusque dans ses menues inflexions, nourrit la compréhension profonde de ce célèbre chef-d’œuvre. Une légère nonchalance peut parfois colorer le <i>Scherzo n°4 en mi majeur op.54</i> qui lui est contemporain. Mais la volubilité soyeuse du toucher magnifie les modulations lumineuses de la pièce, qui forme dans le programme miniature du jeune soliste un diptyque complémentaire et un condensé de l&rsquo;art de Chopin dont il possède déjà une science remarquable.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;entrée d&rsquo;Eva Strejcova est marquée par une assurance moindre. Épaulée par Michal Szymanowski, lauréat de nombreux concours, qui a préparé les candidats invités à Menton et assure la partie orchestrale transcrite pour un deuxième piano du <i>Concerto n°2 en fa mineur op.21</i>, la Tchèque noue un dialogue sans heurt avec son tuteur. Le lyrisme du <i>Maestoso</i>, plus évident dans le second thème, se confirme dans un <i>Larghetto</i> non dénué de chaleur. Le finale fusionne les interventions du soliste et du tutti dans une coda pleine de vitalité.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Une intégrale Ravel magistrale par Bertrand Chamayou</b></p>
<p align="JUSTIFY">Le lendemain, Bertrand Chamayou reprend l&rsquo;intégrale de musique pour piano solo de Ravel, un compositeur qui accompagne le soliste français depuis le début de sa carrière. Devant la blancheur crépusculaire baignant le Parvis de la Basilique Saint-Michel, la soirée s&rsquo;ouvre sur un <i>Prélude</i> livré non sans une relative – et provisoire – prudence. Cette brève page fonctionne comme une antichambre au premier grand cycle du concert, <i>Miroirs</i>, qui esquisse les grands lignes d&rsquo;une compréhension devenue instinctive de la pensée musicale ravélienne où fusionnent le timbre et le rythme. Apprivoisant progressivement l&rsquo;acoustique, sinon les paramètres météorologiques d&rsquo;un plein air balnéaire presque calibré pour le recueil, les textures arpégées des<i> Noctuelles</i> colorent naturellement les vols de ces papillons nocturnes. La palette évocatrice se déploie dans les<i> Oiseaux tristes</i>, avec une langueur parfois émaillée de coups d&rsquo;ailes de tempo esquissant les errances dans le ciel. <i>Une barque sur l&rsquo;océan</i> prolonge cette dimension picturale qui prend avec <i>Alborada del gracioso</i> une tonalité hispanisante et bouffonne par son staccato de guitare. C&rsquo;est cette même recherche dans les effets rythmiques du piano qui restitue les balancements de<i> La vallée des clochers</i>, transformant les paysages à la Liszt en irisations pointillistes.</p>
<p align="JUSTIFY">Après un <i>Menuet </i>en guise d&rsquo;intermède, le parcours dans les premières années du corpus ravélien se poursuit avec la <i>Sonatine,</i> qui compte également un <i>Mouvement de menuet</i> archaïsant au milieu d&rsquo;une introduction notée <i>Mesuré</i> et un finale <i>Animé</i>. Bertrand Chamayou fait ressortir, avec une parfaite assimilation des indications de la partition, combien la modulation des climats successifs repose sur les variations de pulsation, dans une toile sonore liquide et rayonnante. Une troisième miniature scande cette première partie de soirée, <i>A la manière de Borodine</i>, qui réinvente les tournures mélodiques et harmoniques du maître russe. Le monument qu&rsquo;est <i>Gaspard de la nuit</i> confirme une science naturelle du caractère, dans les contrastes et les complémentarités entre les épisodes du triptyque inspiré par Alyosius Bertrand. Depuis les frémissements aquatiques d&rsquo;<i>Ondine</i> jusqu&rsquo;à la féerie dramatique de <i>Scarbo</i>, en passant par les hallucinations du <i>Gibet,</i> les expérimentations virtuoses sont autant de ressources expressives, et la présente lecture souligne l&rsquo;indivisibilité de la poésie et des ressources techniques de clavier – un trait distinctif de Ravel, et de sa modernité derrière une apparence moins révolutionnaire que d&rsquo;autres musiciens de son époque.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>L&rsquo;alchimie du timbre et du rythme</b></p>
<p align="JUSTIFY">Au retour de l&rsquo;entracte qui a laissé la nuit envelopper l&rsquo;arrière-plan panoramique du parvis, les <i>Valses nobles et sentimentales </i>illustrent à merveille cette alchimie entre l&rsquo;ancien et l&rsquo;original. Les huit numéros s&rsquo;enchaînent comme un kaléidoscope des différents visages de la valse, de la contenance aristocratique à l&rsquo;encanaillement du piano-bar, en passant par les pudeurs de l&rsquo;approche amoureuse. L&rsquo;axiome selon lequel le rythme ravélien est sa poétique même est ici porté à sa quintessence, mais explicitée sans aucun didactisme. La maîtrise et la sincérité du jeu suffisent.</p>
<p align="JUSTIFY">Ravel a non seulement pratiqué le pastiche, mais il en a fait miroiter toutes les diverses facettes, entre le souvenir des thèmes humoristiques de l&rsquo;auteur d&rsquo;<i>España</i> dans <i>A la manière de Chabrier</i> et la construction à la mode du classicisme viennois dans le <i>Menuet sur le nom de Haydn</i>. Après les bouffonneries de la <i>Sérénade grotesque</i>, écho d&rsquo;<i>Alborada del gracioso</i>, et les éblouissements irrésistibles de <i>Jeux d&rsquo;eau</i>, le <i>Menuet antique</i> illustre encore cette fascination pour les formes anciennes qui trouve son apogée dans la <i>Pavane pour une infante défunte</i>, d&rsquo;une dignité sous laquelle affleure délicatement l&rsquo;émotion, et plus encore dans le<i> Tombeau de Couperin</i>. La suite se fait un véritable feu d&rsquo;artifice où l&rsquo;intelligence musicale s&rsquo;épanouit dans une sensualité idiomatique de Ravel. Le <i>Prélude</i> prépare une <i>Fugue</i> jouant habilement avec les codes du genre, avant une <i>Forlane </i>amidonnée avec gourmandise et un <i>Rigaudon</i> non moins savoureux. Un <i>Menuet </i>offre une courte pause avant l&rsquo;ivresse d&rsquo;une <i>Toccata</i> à la pyrotechnie jamais vaine, qui referme une soirée qui peut d&rsquo;ores et déjà s&rsquo;inscrire dans la légende du Festival de Menton.</p>
<h6 align="RIGHT">Par Gilles Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY">Festival de Menton, du 22 juillet au 8 août 2025, concerts des 30 et 31 juillet 2025</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/le-festival-de-menton-lautre-mecque-du-piano-daujourdhui-et-de-demain/">Le Festival de Menton, l’autre Mecque du piano d’aujourd’hui et de demain</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Menton, la Mecque de l&#8217;excellence pianistique</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/menton-la-mecque-de-lexcellence-pianistique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Aug 2021 08:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Musique/Danse]]></category>
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		<category><![CDATA[Daniel Lozakovich]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Menton]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Menton, la Mecque de l&rsquo;excellence pianistique</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="620" height="465" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22-620x465.jpg" alt="" class="wp-image-47064" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22-620x465.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22-300x225.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22-768x576.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22-1536x1152.jpg 1536w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2022/08/menton22.jpg 2000w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le Parvis de la Basilique Saint-Michel, Menton possède l&rsquo;un des écrins les plus magiques pour la musique, surtout depuis que Paul-Emmanuel Thomas a rallumé, il y a une dizaine d&rsquo;années, le flambeau de la légende initiée par André Böröcz. Si la boulimie pianistique s&rsquo;accommode au chant des cigales de La Roque d&rsquo;Anthéron, les gourmets du clavier préfèreront peut-être les sortilèges de la rumeur marine, et le premier week-end d&rsquo;août de l&rsquo;édition 2022 du Festival de musique de Menton en offre un condensé remarquable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rendez-vous de la fin d&rsquo;après-midi au Palais de l&rsquo;Europe – le Musée Cocteau collection Séverin Wunderman qui les accueillait traditionnellement, n&rsquo;a pu rouvrir depuis les inondations survenues en octobre 2018 – donnent la parole aux talents de la nouvelle génération. Premier lauréat désigné par la Fondation Gautier Capuçon créée au début de l&rsquo;année, après avoir accompagné la tournée du violoncelliste «&nbsp;Un été en France&nbsp;» en 2021, Kim Bernard illustre l&rsquo;éclosion d&rsquo;un jeune soliste déjà récompensé par plusieurs concours. S&rsquo;ouvrant sur la <em>Ballade n°4 </em>de Chopin, son récital témoigne d&rsquo;une souplesse élégante qui esquisse un affranchissement de la maîtrise lisse sur laquelle s&rsquo;appuie un jeu d&rsquo;une évidente précision. Le calibrage vivant de la pulsation chopinienne, attentive à éviter tout maniérisme, se confirme dans le charme hynotique de la <em>Berceuse op. 57</em> et le balancement de la <em>Barcarolle op.60.</em> Les pages tirées du <em>Livre I </em>des <em>Images </em>de Debussy ne dément pas l&rsquo;adéquation de l&rsquo;articulation avec le caractère de la pièce, entre les scintillants <em>Reflets dans l&rsquo;eau</em>, la retenue de l&rsquo;<em>Hommage à Rameau</em> ou l&rsquo;ivresse digitale de <em>Mouvement</em>, avant la légèreté chaloupée de<em> L&rsquo;isle joyeuse.</em> Le <em>Tombeau de Couperin</em> de Ravel prolonge cette palette soignée, depuis la fluidité du <em>Prélude</em>, jusqu&rsquo;à la virevoltante <em>Toccata</em> conclusive, en passant par l&rsquo;apparence de simplicité naturelle de la<em> Fugue,</em> la nonchalance de la<em> Forlane,</em> l&rsquo;énergique <em>Rigaudon</em> et un Menuet discrètement suranné. Le bis jazz <em>My foolish hear</em>t de Bill Evans ne contredit pas un dessin pianistique qui laisse affleurer d&rsquo;autres ressources que sa sage justesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre-Laurent Aimard et les affinités électives de la fantaisie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Parvis de la Basilique Saint-Michel sont dévolus les grandes soirées, et celle que nous propose Pierre-Laurent Aimard en fait partie. Ce n&rsquo;est pourtant pas à la seule aune de la sonorité instrumentale, par laquelle se distinguent encore quelques rares démiurges, ni à celle de la texture sentimentale, que se reconnaît l&rsquo;inimitable défenseur du répertoire contemporain auquel Ligeti avait confié la gravure de l&rsquo;ensemble de son œuvre pour piano – la découverte des<em> Etudes</em> à la fin de mon adolescence reste une révélation fondatrice. Pierre-Laurent Aimard est d&rsquo;abord un extraordinaire pédagogue, de ceux qui grandissent ceux qui les écoutent et les côtoient. Son programme, conçu comme un parcours dans l&rsquo;histoire de la fantaisie en témoigne, déclinant les métamorphoses de la forme et tissant des échos entre les œuvres. Organiste hollandais au carrefour de la Renaissance et baroque, et précurseur de la musique pour clavier, Sweelinck offre avec la <em>Fantaisie chromatique</em> une surprenante alchimie entre la sobriété presque austère du thème et la richesse de l&rsquo;invention dans ses transformations, avec des développements bien au-delà des cadres harmoniques attendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la question de l&rsquo;adéquation instrumentale se pose, en réalité, pour n&rsquo;importe quelle oeuvre, le contexte d&rsquo;écriture n&rsquo;étant jamais isolé des ressources des interprètes de l&rsquo;époque, elle prend évidemment une acuité particulière quand on passe des cordes pincées du clavecin à celles, frappées, du piano. Plus que l&rsquo;impossible transposition de sonorité, c&rsquo;est le caractère et la lisibilité de la pièce qui se révèlent déterminantes, et qui sont ici admirablement rendues. Ces qualités se retrouvent dans le trois partitions suivantes&nbsp;: s&rsquo;appuyant sur les ressources du Yamaha sur la scène, la couleur et le phrasé restituent la quintessence Sturm und Drang de la <em>Fantaisie en do majeur</em> de Carl Philipp Emanuel Bach, faisant glisser le discours vers une improvisation pétrie de contrastes et de sentiments, soulignée par une clarté de l&rsquo;articulation qui se fait plus feutrée dans l&rsquo;intimisme de la <em>Fantaisie en do mineur </em>de Mozart, équilibrant exploration et concentration formelle, avant l&rsquo;élan de la <em>Fantaisie op. 77</em> de Beethoven, dont la vigueur modulatoire non exempte de brillant se conclut sur une coda magistrale – et idiosyncrasique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l&rsquo;entracte, le soliste déploie les chatoiements pianistiques inspirés à Liszt par la Villa d&rsquo;Este, dans la<em> Troisième année </em>des <em>Années de pèlerinage</em>. Les deux numéros <em>Aux cyprès de la Villa d&rsquo;Este</em> sculptent des ombres et des espaces, avant les irisations des <em>Jeux d&rsquo;eaux</em>. La <em>Vallée d&rsquo;Obermann</em>, tirée de la <em>Première Année,</em> referme le récital sur un balancement mélancolique couronné par une magnifique péroraison à l&rsquo;influence beethovénienne. C&rsquo;est le génie du programme que de révéler les échos entre la conclusion de chacune des deux parties d&rsquo;une soirée qui renouvelle notre écoute des œuvres, approche que ne démentira pas le bis réunissant trois instantanés des<em> Jatekok </em>de Kurtag, dans un cisèlement qui condense toute leur sève évocatrice, idéale pour faire réviser les préjugés sur la musique contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Duo de jeunes prodiges</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, sur le même Parvis, les mélomanes ont rendez-vous avec deux prodiges de la nouvelle génération. Le pianiste français Alexandre Kantorow et le violoniste suédois Daniel Lozakovich défendent trois figures majeures du siècle romantique. Avec la <em>Sonate en la majeur</em> de Franck, c&rsquo;est le raffinement de l&rsquo;école française que le duo met en valeur. La délicatesse du chant de l&rsquo;archet, tel un évanescent voile mélodique, magnifie les premières mesures de l&rsquo;<em>Allegretto</em> initial, qui contraste avec la robustesse de la réponse pianistique. Les voix des deux solistes se mêlent dans la nervosité de l&rsquo;<em>Allegro</em>, avant un <em>Recitativo-Fantasia </em>à l&rsquo;onirisme porté d&rsquo;abord par la volubilité violonistique, avant un finale qui réunit sans les rejoindre les deux polarités expressives de l&rsquo;interprétation. La symbiose des deux tempéraments se révèle plus évidente dans la <em>Sonate n°1 op. 105 </em>de Schumann, enchaînée après la <em>Sonate n°2 op. 100</em> de Brahms et ses trois mouvements à l&rsquo;inspiration voisine du lied. La densité dramatique du clavier emmène le lyrisme nourri du violon, dont le jeu cherche sans doute encore un peu dans le medium le prolongement de la personnalité qui s&rsquo;affirme dans la légereté de la ligne et la partie supérieure de la tessiture. En bis, le <em>Clair de lune</em> de Debussy s&rsquo;impose dans cette fenêtre mentonnaise enchanteresse, bercée par une ultime <em>Valse </em>de Tchaïkovski, avant la chaleur des applaudissements et du doux roulis des vagues. La magie de la musique fait escale à Menton.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">Par Gilles Charlassier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Festival de Menton, concerts des 5 et 6 août 2022.</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/menton-la-mecque-de-lexcellence-pianistique/">Menton, la Mecque de l’excellence pianistique</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Menton, une édition anniversaire sous le signe de l&#8217;excellence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Aug 2019 20:36:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Chamayou]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Menton]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-46208" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2019/09/Quatuor-Ebène-©Christian-Merle-1-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2019/09/Quatuor-Ebène-©Christian-Merle-1-300x199.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2019/09/Quatuor-Ebène-©Christian-Merle-1-768x511.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2019/09/Quatuor-Ebène-©Christian-Merle-1-620x412.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2019/09/Quatuor-Ebène-©Christian-Merle-1.jpg 1734w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY">Depuis qu&rsquo;il en a repris les rênes en 2013, Paul-Emmanuel Thomas a redonné au Festival de Menton la place qui lui revenait dans la cartographie des rendez-vous majeurs de l&rsquo;été. L&rsquo;édition du soixante-dixième anniversaire ne démentira pas cet amour de l&rsquo;excellence qui ne regarde pas vers le passé, avec une façade de la Basilique Saint-Michel désormais ravalée. De fait, la programmation de ce cru 2019 ne cultive aucunement la nostalgie et ne se réfugie pas dans les gloires patinées – à l&rsquo;inverse des introductions au micro à bedaine et cheveu blancs, reliquat d&rsquo;une époque révolue. Si les concerts sur le Parvis mettent à l&rsquo;affiche quelques uns des meilleurs solistes et formations d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, esquissant parfois des fidélités d&rsquo;une année sur l&rsquo;autre, la renommée des invités ne se substitue jamais à l&rsquo;exigence musicale. En donnant un coup de projecteur, deux soirs consécutifs, à un genre réputé parfois difficile, le quatuor à cordes, Paul-Emmanuel Thomas n&rsquo;hésite pas à bousculer certains réflexes du public, pour renouveler son paysage musical, sans renier les racines du grand répertoire.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Alchimies musicales avec Bertrand Chamayou et le Quatuor Casals</b></p>
<p align="JUSTIFY">La première des deux soirées signe les retrouvailles des festivaliers avec Bertrand Chamayou, qui avait livré l&rsquo;an dernier un récital Lizst, admirable de sensibilité et d&rsquo;intelligence. En ce 1er août, le pianiste français vient avec le Quatuor Casals, pour un programme intitulé «Carte blanche&nbsp;» &#8211; Haydn, Schumann, Franck, des classiques, mais qui ici ne respirent aucunement la routine. Dans le <i>Quatuor opus 33 n°2</i> augural, les cordes catalanes font valoir<i> </i>un archet frissonnant, une sonorité souple et aérée, qui ne néglige pas un humour spirituel, à rebours des clichés du placide «&nbsp;Papa Haydn&nbsp;». L&rsquo;<i>Allegro moderato </i>dévoile, d&#8217;emblée, cette agilité musicale qui innerve un <i>Scherzo</i> où les pupitres dialoguent avec une complicité assurant une vitalité à la cohérence de l&rsquo;ensemble. Le lyrisme délicat de l&rsquo;<i>Adagio</i> affirme une élégance qui évite toute raideur amidonnée, avant la virtuosité virevoltante du finale, d&rsquo;une exquise légèreté.</p>
<p align="JUSTIFY">Le <i>Carnaval opus 9</i> de Schumann donne ensuite la parole au piano de Bertrand Chamayou. Il y démontre une évidente maîtrise du discours, soignée et naturelle, attentive à la fluidité du cycle autant qu&rsquo;à la caractérisation de chacun des épisodes. La solennité du <i>Préambule, </i>avec des manières d&rsquo;ouverture, sert comme de page de garde d&rsquo;un album qui se feuillette avec un doigté sur lequel pointe un sourire coloré de tendresse. Les demi-teintes de la rêverie gauche de <i>Pierrot</i> voisinent avec l&rsquo;allant joueur d&rsquo;<i>Arlequin</i> qui se prolonge avec la carrure de la <i>Valse noble,</i> avant un autre double portrait d&rsquo;opposés, la retenue intime d&rsquo;<i>Eusebius </i>et la vitalité plus solaire de<i> Florestan</i>. Les minauderies exquisement cabotines de la <i>Coquette </i>confirment le calibrage subtil de la ligne et de la richesse harmonique que l&rsquo;on retrouve dans les numéros suivants – <i>Réplique, Papillons, Lettres dansantes</i> –, quand <i>Chiarina</i> se fait une esquisse voilée de sentiment de la Clara aimée. Sans jamais appuyer le trait, le pianiste français modèle une condensation théâtrale et narrative qui n&rsquo;oublie jamais les échos et l&rsquo;instinct de la forme, des amples arpèges de <i>Chopin</i> aux traits échevelés de <i>Paganini,</i> en passant par le visage d&rsquo;<i>Estrella, Reconnaissance,</i> les chamailleries de <i>Pantalon et Colombine</i> et une <i>Valse allemande</i>. L&rsquo;ultime séquence méditative – <i>Aveu, Promenade </i>et<i> Pause</i> – conduit au pictural final de la <i>Marche des Davidbündler contre les Philistins.</i></p>
<p align="JUSTIFY">Telle une imitation de construction dialectique de la soirée, après la «&nbsp;thèse&nbsp;» du quatuor et l&rsquo;&nbsp;«&nbsp;antithèse&nbsp;» du piano, la «&nbsp;synthèse&nbsp;» réunit les deux avec le <i>Quintette en fa mineur de Franck</i>. A contre-courant des interprétations qui soulignent la densité de la pâte jusqu&rsquo;à la rendre pesante, les Casals privilégient un phrasé ductile. La tension dramatique ne se confond pas avec l&rsquo;épaisseur d&rsquo;une matière sonore qui préserve ici un dialogue décanté avec le soliste, sensible dès le <i>Molto moderato</i> augural. Le <i>Lento con molto sentimento</i> développe un chant habité, qui n&rsquo;oublie pas une limpidité de l&rsquo;expression, généralement étiquetée française, avant un finale vigoureux où la puissance ne prend jamais le pas sur une lisibilité frémissante. En bis, le <i>Scherzo</i> du <i>Quintette</i> de Schumann se départ avec intelligence du stéréotype germanique, sans renier le langage de la pièce.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Les Ebène ou l&rsquo;extension du grand répertoire</b></p>
<p align="JUSTIFY">Le lendemain, avec le Quatuor Ebène, c&rsquo;est une autre excellence de la musique de chambre qui investit le Parvis de la Basilique Saint-Michel, mettant en regard deux piliers du Romantisme allemand avec ce qu&rsquo;il convient désormais de considérer comme un classique du répertoire contemporain, le <i>Quatuor «&nbsp;Ainsi la nuit&nbsp;»</i> de Dutilleux. Si les Ebène cultivent une homogénéité du son et de la texture d&rsquo;ensemble, avec une précision qui a forgé, à juste titre, leur réputation, les solistes français ne négligent pas pour autant leur quatre singularités musicales fusionnées mais nullement annihilées dans l&rsquo;alchimie de la voix polyphonique. A rebours des lectures qui en accusent les aspérités des affects, ce sont les qualités plastiques du <i>Premier Quatuor en do mineur </i>de Brahms qui sont mises en avant, sans pour autant céder à la froideur. La rondeur raffinée des pupitres fait vibrer la pudique intériorité de l&rsquo;énergie de l&rsquo;<i>Allegro</i>, laquelle ne se dément pas dans une <i>Romanze</i> au moelleux d&rsquo;une diététique nourrissante. Entre tamis soyeux et pizzicati, le scherzo, <i>Allegro molto moderato</i>, fait preuve d&rsquo;un sens des climats, avant un <i>Allegro alla breve,</i> dont la pulsation généreuse innerve un polissage à l&rsquo;affût des moindres ramifications de la mélodie.</p>
<p align="JUSTIFY">Cette écoute avide des ressources de la lutherie fait toute la saveur inimitable de l&rsquo;opus de Dutilleux, et cette magie des timbres trouve dans les Ebène un passeur évident. Les sept sections de l&rsquo;oeuvre – <i>Nocturne, Miroir d&rsquo;espace, Litanies, Litanies II, Nocturne II, Constellations </i>et<i> Temps suspendu</i> – se déclinent comme un continuum chatoyant, rendu ici avec une admirable intelligibilité, sans céder au didactisme. L&rsquo;auditeur est littéralement enveloppé par ce flux poétique aux confins du silence et de la sensualité. Tout en rendant justice à une pièce où chaque note se révèle scrupuleusement pensée, le quatuor français évite toute austérité corsetée et démontre, sans ambages, qu&rsquo;elle a toute sa place au cœur du grand répertoire, celui où l&rsquo;on inscrit, par exemple, Beethoven.</p>
<p align="JUSTIFY">Le <i>Septième, en fa majeur</i>, l&rsquo;un des trois dédiés au prince Razumovsky, confirme les qualités idiomatiques des Ebène, gantant l&rsquo;impulsivité romantique dans un velours sensible à l&rsquo;architecture de l&rsquo;ouvrage, qu&rsquo;illustre d&#8217;emblée l&rsquo;<i>Allegro</i> initial, quand l&rsquo;<i>Allegretto vivace e sempre scherzando</i> équilibre une écriture contrapuntique serrée et une versatilité expressive saisissante. L&rsquo;<i>Adagio molto e mesto</i> se déploie à la manière d&rsquo;une arche lyrique magnifiée par la pureté d&rsquo;une patine vivante où la profondeur du fond rejoint l&rsquo;accomplissement de la forme. L&rsquo;élan chamarré du finale ne dira pas le contraire. Avec un bis de Miles Davis, les Ebène défendent une excellence qui dépasse les clivages entre les genres.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Patricia Petibon à la croisée des genres</b></p>
<p align="JUSTIFY">Si le quatuor à cordes est aussi au menu de deux après-midi, avec les Allegri, donnant le 1er août l&rsquo;<i>Opus 54 n°2</i> de Haydn et le <i>Quatorzième</i> de Beethoven, avec une efficacité d&rsquo;une indéniable honnêteté, cette croisée entre jazz et classique, sinon au-delà, résume le programme que Patricia Petibon a conçu comme un hommage à son époux disparu, Didier Lockwook, pour le Parvis le 31 juillet. Au gré de créations, transcriptions et autres réécritures, aux côtés du piano de Dimitri Naïditch et du violon jazz de Fiona Monbet, <i>Alchimia</i> enjambe les répertoires, sans sacrifier l&rsquo;exigence artistique. Dès la psalmodie de Mélisande, <i>«&nbsp;Mes longs cheveux descendent jusqu&rsquo;au seuil de la tour&nbsp;», </i>au début du troisième acte de <i>Pelléas et Mélisande </i>de Debussy, revisitée avec des vagues électroacoustiques, et la complicité de la statue de l&rsquo;Archange Saint-Michel, évoqué par le texte, c&rsquo;est à une traversée onirique d&rsquo;une heure et demie que l&rsquo;on est invité, parsemée de clins d&rsquo;oeil, à l&rsquo;exemple de la comptine <i>A la claire fontaine</i>, de l&rsquo;adaptation de <i>Padam</i>, de <i>Michelle</i> des Beatles ou des rythmes de <i>Mission impossible,</i> pour «&nbsp;Patricia Petibond&nbsp;», et joue d&rsquo;une scénographie ludique où la cantatrice se met à nu, sans impudeur – un perroquet, peluche ventriloque, se posera un moment sur son épaule. Si quelques numéros d&rsquo;opéra célèbrent ne manquent pas à l&rsquo;appel, tel l&rsquo;air de Lauretta,<i> «&nbsp;O mio babbino caro&nbsp;»,</i> dans <i>Gianni Schicchi</i> de Puccini, ou celui de Barbarina, «&nbsp;<i>L&rsquo;ho perduta&nbsp;»</i>, des <i>Noces de Figaro</i> de Mozart, c&rsquo;est avec une faluche et un féerique <i>Someday my prince will come</i>, arrangé par Didier Lockwook, puis un tambourin aux motifs cinétiques rappelant Moholo-Nagy pour la <i>Reine de cœur</i> de Poulenc que la soliste prend congé de son public, non sans lui avoir offert deux émouvants bis, <i>Grenouille</i> de Didier Lockwood, et <i>Oh my love</i> de John Lennon. A Menton, la poésie tutoie les étoiles, sous le signe de l&rsquo;authenticité et de l&rsquo;excellence, l&rsquo;identité du festival à laquelle Paul-Emmanuel Thomas a redonné un souffle nouveau.</p>
<h6 style="text-align: right;" align="JUSTIFY"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">&nbsp;Par Gilles</span> Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY">Festival de Menton,<i> </i>juillet-août 2019</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/menton-une-edition-anniversaire-sous-le-signe-de-lexcellence/">Menton, une édition anniversaire sous le signe de l’excellence</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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