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	<title>Littérature | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 Feb 2012 16:15:59 +0000</lastBuildDate>
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		<title>L’ère du soupçon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 04:07:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Plagiat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; Avec l&#8217;affaire Rama Yade, la question du plagiat est une fois encore revenue au cœur de l’actualité ; de quoi en faire un sujet en vogue comme en témoignent les nombreux articles publiés dans les journaux, les sites et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/l%e2%80%99ere-du-soupcon/livresimages/" rel="attachment wp-att-6250"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6250" title="livresimages" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/livresimages.jpg" alt="" width="275" height="183" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avec l&rsquo;affaire Rama Yade, la question du plagiat est une fois encore revenue au cœur de l’actualité ; de quoi en faire un sujet en vogue comme en témoignent les nombreux articles publiés dans les journaux, les sites et les études universitaires qui lui sont consacrés. « <em>Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d&rsquo;ailleurs est inconnue »,</em> disait Giraudoux. Une œuvre ne naît jamais <em>ex nihilo</em>, elle se nourrit du travail des autres, elle est faite d’intertextualité, de transtextualité, nous ont appris Barthes et Gérard Genette dans « Figures » ou  « Palimpsestes ».</p>
<p>De nombreux auteurs, et non des moindres, en ont été accusés. Jacques Attali pour son « Histoire du temps » en 1982, Alain Minc en 1998 pour sa biographie romancée sur Spinoza, « Un roman juif », Marc Levy, disculpé, pour « Et si c’était vrai ? », Michel Houellebecq, accusé en 2010 d’avoir recopié une page de Wikipedia dans « La carte et le territoire »,   Thierry Ardisson en 1993 dont le roman « Pondichéry » paru chez Albin Michel a été retiré des ventes pour cause de plagiat, et plus récemment Patrick Poivre d’Arvor avec sa biographie d&rsquo;Hemingway.</p>
<p>Sans parler du scandale qui frappe l&rsquo;ancienne ministre de Sarkozy, avec son livre « Plaidoyer pour une instruction publique » publié chez Grasset et dénoncé avec force encore par le Petit journal le 28 novembre dernier. On y dénombre une quinzaine de « copier/coller » en tous genres, extraits d’articles du « Monde », du « Figaro », de la tribune de « Marianne », de blogs d&rsquo;étudiants, de forums, et aussi des plagiats du philosophe Jean-Michel Muglioni. Réponse assez pathétique de l’accusée sur France 5 : « <em>J’ai écris sans me faire aider, je fais tout de A à Z. »</em> Un peu léger comme défense&#8230;</p>
<p><strong>Déjà Montaigne</strong></p>
<p>Joseph Macé-Scaron, journaliste et romancier, semble avoir des arguments plus convaincants. Il est accusé de plagiat pour son livre « Ticket d’entrée »,  de reprises non sourcées pour son roman : « Trébizonde avant l’oubli »,  ainsi que pour  « Le cavalier de la nuit », fortement inspiré de Victor Malka. Face à la tornade médiatique qui s’est abattue sur lui, il se défend aujourd&rsquo;hui en invoquant la nécessité d’un débat sur la littérature aujourd’hui. »<em>Avant, en littérature, quand il y avait un clin d&rsquo;œil, on applaudissait, aujourd&rsquo;hui on tombe à bras raccourcis sur l&rsquo;auteur [&#8230;]. Et les emprunts, cela devient un crime, un blasphème [&#8230;] La littérature ne s&rsquo;écrit pas ex nihilo, les auteurs se nourrissent les uns des autres et l&rsquo;ont toujours fait. L&rsquo;intertextualité, c&rsquo;est un classique de la littérature, même si je n&rsquo;ai pas la prétention de me mettre à la hauteur des grands auteurs. Il y a par exemple chez Montaigne 400 passages empruntés à Plutarque&#8230; »</em> Argument également invoqué par Houellebecq.</p>
<p>Le concept de plagiat serait-il devenu obsolète, faut-il le considérer en tant que forme littéraire à part entière, est-il un mal nécessaire ? Certains auteurs et non des moindres citons Proust et ses « Pastiches et mélanges », Lautréamont ou Baudelaire y ont eu recours. Comme le souligne Charles Coustille : « <em>la notion de plagiat n’appartient pas au Code de la propriété intellectuelle censé protéger les droits d’un auteur, c’est un terme que le juge laisse à la critique littéraire. » </em>Qu’est-ce qu’une œuvre originale ? Quelle différence entre l’emprunt, la contrefaçon, l’imitation, l’intertextualité, le collage, la citation, le pastiche ? Comment distinguer la tricherie, de la trahison, de l’hommage ?</p>
<p><strong>Flou juridique</strong></p>
<p>Hélène Maurel-Indart, universitaire et auteur de deux ouvrages sur le sujet : « Du plagiat » chez Folio et « Plagiats, les coulisses de l’écriture » à La Différence , distingue deux catégories : « <em>emprunt servile et emprunt créatif ». </em>Et en ce sens, elle sépare ainsi deux types de plagiaires : « <em>les conquérants »</em> et<em> « les mélancoliques ».</em> Il ne s’agit pas de désigner un coupable, même si le plagiat constitue un délit, mais de trouver un moyen de définir et de circonscrire cette notion dont les contours demeurent malgré tout assez flous. « <em>Pas de règle, chaque cas doit être jugé en fonction du contexte »</em>précise-t-elle. « <em>La jurisprudence fait loi. »</em></p>
<p>Une zone d’ombre pourtant nécessaire si l’on ne veut pas laisser ce débat aux mains d’experts et de contrôleurs patentés. Certains chercheurs vont jusqu’à imaginer un logiciel de contrôle et d’analyse textuelle, permettant de détecter l’unicité d’un style selon des paramètres linguistiques. Un programme qui fait frémir !</p>
<p>La question du plagiat dépasse de loin le débat de spécialistes, linguistes et juristes confondus, car il concerne tout le monde : éditeurs, auteurs et lecteurs. Il relève avant tout de la  « déontologie littéraire ». Pas étonnant que des écrivains, comme Marie Darrieussecq, soient montés au créneau pour débattre du sujet, car il en va de l’avenir du statut de l’écrivain, désormais soumis au soupçon. Rappelons-nous la leçon de Kant : toute esthétique se fonde sur une éthique. À méditer.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Anouchka D’Anna</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/l%e2%80%99ere-du-soupcon/">L’ère du soupçon</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Dans la solitude des grands lacs</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/dans-la-solitude-des-grands-lacs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 23:46:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Apostrophe]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Médicis]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/dans-la-solitude-des-grands-lacs/steccimages/" rel="attachment wp-att-6197"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6197" title="steccimages" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/steccimages.jpg" alt="" width="225" height="225" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/steccimages.jpg 225w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/steccimages-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></a></p>
<p>C’est le genre de livre qu’il faut lire sans se presser, jour après jour, un petit verre de vodka à la main pour laper avec délectation le récit des journées de l’ermite qui vécut l’hiver 2010 dans une cabane sur un rivage désespérément isolé du lac Baïkal.<br />
L’endroit est l’un des plus beaux du monde. Je l’ai découvert en 2003, la même année que l’auteur. Nous n’eûmes pas l’occasion de nous y rencontrer ; rien là que de très normal, le lac s’étend sur plus de 600 kilomètres. Situé sur une faille de l’écorce terrestre, sa profondeur peut dépasser 1 600 mètres ce qui en fait la plus grande réserve d’eau douce au monde. Son eau est si pure que, captée à trois cents mètres de profondeur, elle est vendue en bouteille à Irkoutsk, la capitale de la Sibérie, et dans ses environs, si transparente que l’hiver, on voit les poissons nager à travers une glace épaisse de plusieurs mètres.<br />
Du fait de son origine géologique, le Baïkal présente un paysage spectaculaire d’une beauté et d&rsquo;une variété inouïes. L&rsquo;été, ses rivages sont bordés de falaises granitiques qui évoquent les côtes bretonnes, mais aussi de gigantesques rochers basaltiques d’un rouge sombre qui rappellent ceux de l’Estérel. Périodiquement, des chamanes les escaladent pour lancer de leur sommet des invocations aux eaux sacrées. Les plages, au pied de ces falaises, font penser aux criques de la Côte d’Azur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>James Ellroy pour passer l&rsquo;hiver</strong><br />
L’hiver, ce paysage change du tout au tout. Nous sommes en Sibérie, univers de neige et de glace. Sylvain Tesson y enregistra des températures de moins quarante degrés.<br />
Notre ermite s’était préparé à l’épreuve très consciencieusement. La liste du matériel qu’il emporte avec lui et charge à bord d’un vieux camion le 9 février quand il emménage, est longue : hache et merlin, sac de jute, épuisette à glace, bougies, moustiquaire de visage, dix boîtes de paracétamol <em>« pour lutter contre les effets de la vodka »</em>, etc. Les livres qui vont constituer sa bibliothèque hivernale, la lecture sera son unique distraction pendant ces longs mois, constituent une liste éclectique. On y trouve le « Traité du désespoir » de Kierkegaard comme les romans policiers de James Ellroy et de James Hadley Chase.<br />
Quand l’aspirant ermite débarque sur la plage où se dresse la cabane qui l’abritera, le chef des gardes &#8211; cette région est un parc naturel national &#8211; l’avertit :<em> « Ici, c’est un magnifique endroit pour se suicider. »</em><br />
Sylvain Tesson, coureur des bois &#8211; taïga sibérienne -, des montagnes &#8211; Himalaya &#8211; et des déserts &#8211; Gobi -voulait, jusque-là, « <em>régler un vieux compte avec le temps… L’alchimie du voyage épaississait les secondes. »</em> Cette fois, l’objectif est différent : « <em>Je jouais le loup, à présent je fais l’ours. Je veux m’enraciner, être de la terre après avoir été du vent. »</em><br />
Il sera de la neige et de la glace car l’hiver pétrifie la vie. Il n’a, des semaines durant, qu’une mésange pour compagnie.<br />
Quelques rares rencontres, trois fois en six mois des chasseurs lui rendent visite, lui-même fera jusqu’à cent trente kilomètres sur le lac gelé pour voir des <em>« voisins »</em>, qui lui permettront de survivre à un excès de solitude que seule meuble la vodka&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sortir de l&rsquo;utérus, enfin</strong><br />
De surcroît, toutes les visites ne sont pas les bienvenues : la glace du Baïkal est aussi un terrain de jeu pour les plus riches d’Irkoutsk, la capitale régionale. Ils arrivent, à deux reprises, près de chez lui à bord d’énormes Mercedes, font hurler leur radio, tirent contre un gibier imaginaire des rafales d’armes automatiques. Ces irruptions arrachent douloureusement l’ermite à sa contemplation alcoolisée et lui font écrire qu’en Russie, « <em>la vie est un endormissement coupé de spasmes. »</em><br />
Comment Sylvain Tesson est-il ressorti de cette aventure ? Son livre s’achève sur ces mots : <em> « J’ai tué le désir d’avenir. »</em><br />
Je ne l’ai pas rencontré depuis son retour. Je ne sais pas si, en quittant sa cabane qu’il qualifie d’œuf, de cercueil et d’utérus, il en est sorti grandi à hauteur d’homme ou répandu sur le sol, pantelant, liquéfié par la vodka.<br />
Le récit de cette expérience, en tout cas, est écrit avec suffisamment de vérité et de puissance pour que les jurés du Médicis lui aient décerné leur prix Essai.  Mieux encore, « Dans les forêts de Sibérie » explore avec sincérité une question que nous ne cessons de nous poser : moi, homme moderne, dont la vie se définit par la relation avec d’autres êtres humains et s’entoure d’une foultitude d’objets, souvent inutiles, suis-je capable de survivre et de conserver toute ma raison en subsistant pendant des mois dans l’inconfort et surtout en n’ayant que ma seule personne pour compagnie ?<br />
À en juger l’état psychologique des Russes rencontrés dans leur solitude par Tesson au cours de cet interminable hiver, la réponse paraît négative.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Dominique Bromberger</h6>
<p><em>« Dans les forêts de Sibérie », de Sylvain Tesson paru chez Gallimard. Prix Médicis Essai 2011</em></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/dans-la-solitude-des-grands-lacs/">Dans la solitude des grands lacs</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Et Christa Wolf s&#8217;est en allée</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/et-christa-wolf-sest-en-allee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 20:47:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IL/ELLE]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[disparition]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ce que j’ai à dire sur moi-même ne peut être que bref et sec », disait Christa Wolf. L&#8217;ex RDA avait un grande écrivain. Elle s&#8217;est éteinte le 1er décembre à l&#8217;âge de 82 ans, laissant un grand vide dans le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/et-christa-wolf-sest-en-allee/chirstawolf/" rel="attachment wp-att-6135"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6135" title="chirstawolf" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/chirstawolf.jpg" alt="" width="329" height="147" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/chirstawolf.jpg 329w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/chirstawolf-300x134.jpg 300w" sizes="(max-width: 329px) 100vw, 329px" /></a></p>
<p><em>« Ce que j’ai à dire sur moi-même ne peut être que bref et sec »</em>, disait Christa Wolf. L&rsquo;ex RDA avait un grande écrivain. Elle s&rsquo;est éteinte le 1<sup>er</sup> décembre à l&rsquo;âge de 82 ans, laissant un grand vide dans le monde des lettres germaniques. Bref et sec : tout le contraire en somme d&rsquo;une œuvre dont « Moskauer Novelle » -livre jamais traduit en français- marque le commencement. Nous sommes en 1961- date de la construction du Mur de la Honte par la RDA. La jeune Christa croit aux idéaux socialistes de cette Allemagne nouvelle, édifiée sur les ruines du nazisme. Douze ans plus tôt, en 1949, elle a adhéré au SED, le parti socialiste unifié, mais  déchante vite quand elle voit à l&rsquo;œuvre ce monolithe inféodé à Moscou. Pourtant, toute sa vie durant, la romancière traînera cette adhésion comme un boulet, comme elle paiera cher les révélations sur ses liens supposés avec la Stasi, la police secrète du régime.<br />
S&rsquo;arrêter à cela serait injuste. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;on oublierait son implication dans l&rsquo;affaire Wolf Biermann. Ce chansonnier contestataire est déchu de sa nationalité est-allemande après avoir reçu l&rsquo;autorisation de se rendre à Cologne. Avec d&rsquo;autres, dont Stefan Heym, Christa Wolf rédige alors une protestation contre cette mesure arbitraire. Son divorce avec <em>« l&rsquo;état ouvrier et paysan</em> » entamé une décennie plus tôt est définitivement consommé.<br />
Christa Wolf aura malgré tout réussi à écrire et à se faire éditer. Après « Le ciel divisé », elle sort en 1968 « Nachdenken über Christa T. », autre livre qui la fait remarquer. Y compris par la RFA, laquelle ne se trompe pas en lui attribuant en 1980 le Prix Georg-Büchner, plus haute distinction littéraire d&rsquo;outre-Rhin.<br />
La chute du Mur n&rsquo;étouffe pas ses doutes quant au rythme de la réunification qui s&rsquo;annonce. Jusqu&rsquo;au bout, Christa Wolf reste une voix critique dans le nouvel espace germanique. On dira que, jusqu&rsquo;à la fin, elle est resté adepte du socialisme à visage humain, n&rsquo;oubliant jamais les laissés-pour-compte, les marginaux, les victimes du capitalisme sauvage. Dans cette histoire tumultueuse, elle demeure une femme sans attache dogmatique, libre en somme. L&rsquo;un de ses romans a pour titre « Aucun lieu. Nulle part ». Un titre qui sonne presque comme un testament&#8230; Bref et sec.</p>
<p>Nicole Bary, traductrice entre autre de Herta Müller, prix Nobel de Littérature 2009 ou encore de Christoph Hein et directrice de collection aux éditions Métailié, a bien connu Christa Wolf dont elle est devenue l&rsquo;amie. Nous livrons ici l&rsquo;entretien qu&rsquo;elle nous a accordé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous liait professionnellement ?</strong><br />
<strong></strong></p>
<p>Son œuvre, mais surtout un livre, « Trame d&rsquo;enfance ». Elle décortique les différentes strates d&rsquo;une personne, en l&rsquo;occurrence elle-même. Elle fait le lien entre toutes ces strates, l&rsquo;adolescente qu&rsquo;elle a été sous le Troisième Reich et la jeune fille engagée pour que les choses changent. À l&rsquo;époque, je ne la connaissais pas lorsque j&rsquo;ai lu ce livre. Plus tard, j&rsquo;ai pris conscience des questions qu&rsquo;elle posait sur le pays dans lequel elle vivait. Mais j&rsquo;étais loin de me douter de l&rsquo;ampleur et de la profondeur qu&rsquo;avaient pris ces questions et de la réponse qu&rsquo;elle y apportait. Ce roman est fondamental dans son œuvre. C&rsquo;est à partir de là que j&rsquo;ai eu envie de la rencontrer. Je précise tout de même que ce n&rsquo;était pas le premier livre que je lisais d&rsquo;elle. J&rsquo;avais étudié « Le ciel partagé » quand il était sorti. J&rsquo;avais été très impressionné par le sujet et par l&rsquo;écriture. À l&rsquo;époque, on ne comptait même pas sur une main les auteurs qui abordaient ce genre de thèmes. J&rsquo;ai trouvé qu&rsquo;elle ne manquait pas de courage pour écrire ça.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>À votre avis quelle est l&rsquo;importance de Christa Wolf dans les lettres allemandes et qu&rsquo;est-ce qui fait sa singularité ?</strong><br />
<strong></strong>Si l&rsquo;on excepte « Die Moskauer Novelle », elle n&rsquo;a jamais eu l&rsquo;écriture réaliste en vigueur dans la RDA de l&rsquo;immédiat après-guerre. Elle avait un talent inouï pour faire passer la matière contemporaine. Même quand elle écrit sur Cassandre et sur Médée, elle mêle toujours des événements qu&rsquo;elle a personnellement vécus. C&rsquo;est la base de son écriture. Elle est d&rsquo;ailleurs une héritière de la littérature classique grecque. Elle prend des événements intimes auxquels elle donne une portée universelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Dans « Aucun lieu – Nulle part », certains textes font référence au romantisme, à la culture grecque.</strong>..</p>
<p><strong></strong>Sa source d&rsquo;inspiration a des origines très lointaines dans la littérature mondiale. Elle trouvait chez les romantiques une matière qui l&rsquo;a beaucoup nourrie, pas dans le côté image d&rsquo;Epinal que la France a du romantisme.  Elle avait retenu que celui-ci transfigure le réel. Ce qu&rsquo;on trouve par exemple chez Novalis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong></strong> <strong>Arrivait-elle à passer ce romantisme dans le filtre du réalisme socialiste ?</strong><br />
<strong> </strong></p>
<p>Elle ne l&rsquo;a pas fait justement. D&rsquo;abord il y a eu un profond malentendu avec « Der geteilte Himmel ». Les autorités n&rsquo;ont retenu que la scène finale du roman où Rita revient en RDA en métro. Dans « Christa T. », elle aborde un thème honni en Allemagne de l&rsquo;Est à savoir le suicide (dans une société « heureuse », on ne se suicide pas). Ce livre a déclenché une polémique. D&rsquo;ailleurs, elle s&rsquo;est toujours demandé comment le roman avait échappé à la censure. Le livre n&rsquo;a plus ensuite été édité. Ses ennuis ont commencé à partir de là. Elle fait référence à ses difficultés dans « Un jour dans l&rsquo;année ». Ses convictions concernant une autre Allemagne ont vite été émoussées. Elle s&rsquo;est demandée ce qu&rsquo;il fallait faire. Avec Gerhard (son mari), ils ont hésité à partir. Mais une chose la retenait : ses lecteurs. <em>« Tant que j&rsquo;ai des lecteurs »</em>, disait-elle, je dois rester pour eux. Exactement comme un médecin reste pour ses quelques patients.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong></strong> <strong>Est-ce que Christa Wolf, par rapport à d&rsquo;autres écrivains, a une voix à part ? Si oui, comment la situer dans cette littérature est-allemande ?</strong></p>
<p>Elle a une place à part parce qu&rsquo;elle a été un précurseur en RDA. Il n&rsquo;y a malheureusement pas de féminin pour ce mot. Elle a revendiqué dès les années 60 la possibilité de dire « je », un « je » féminin. Ça passait très mal en RDA. On n&rsquo;acceptait pas la subjectivité dans la littérature. Elle a ouvert la voie. Des écrivains comme Christoph Hein l&rsquo;ont ensuite rejointe. Christa Wolf a revendiqué très tôt cette posture littéraire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est-ce que ce titre, « Aucun lieu – Nulle part » ne la définit pas ?</strong></p>
<p><strong></strong>Assurément.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La RDA ne meurt-elle pas encore un peu plus avec cette disparition ?</strong></p>
<p><strong></strong>Incontestablement, une page se tourne. Une époque, qui avait commencé avec la mort de Heiner Müller, s&rsquo;achève avec celle de Christa Wolf. Ce sont les deux grands noms de la génération d&rsquo;après-guerre en RDA.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Christa Wolf était-elle compatible avec la RFA ?</strong></p>
<p><strong></strong>Oui, parce qu&rsquo;elle avait un réel talent : décrire l&rsquo;universel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Écrire à partir de l’intime une œuvre de portée universelle ?</strong></p>
<p><strong></strong>Oui. Nous parlions beaucoup de la façon dont la réunification se passait, des laissés-pour-compte, des générations qui avaient du mal à trouver leurs marques dans cette nouvelle Allemagne, de l&rsquo;inquiétude pour ses enfants et petits-enfants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A-t-elle gardé jusqu&rsquo;au bout son esprit critique ?</strong></p>
<p>Oui, elle était un esprit libre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quel souvenir particulier garderez-vous d&rsquo;elle ?</strong></p>
<p><strong></strong> Quand j&rsquo;ai ouvert la librairie Le roi des Aulnes à Paris je voulais l&rsquo;inviter. Je l&rsquo;ai vue ensuite à la Fête du Livre de Francfort. Je la revois arriver comme si c&rsquo;était hier. Elle m&rsquo;a dit : <em>« Ah, c&rsquo;est vous la libraire ? Entendu, je viendrai à Paris.</em> » Ce qu&rsquo;elle a fait, y compris du temps de la RDA. Ça se passait comme ça avec elle.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par William Irigoyen</h6>
<p>A noter la rediffusion sur Arte, samedi 10 décembre à 14 h 30 du documentaire intitulé « Un jour, un an, une vie – L&rsquo;écrivain Christa Wolf »</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/et-christa-wolf-sest-en-allee/">Et Christa Wolf s’est en allée</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Porteur d&#8217;étincelles</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/porteur-detincelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Dec 2011 08:27:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Apostrophe]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ainsi se définit lui-même Elie Wiesel, au seuil de sa vie, venu présenter son dernier livre « Coeur ouvert » devant François Busnel et les invités de La Grande Librairie, plus attentifs que jamais et troublés par les pensées extrêmes de cet [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="https://www.jimlepariser.fr/porteur-detincelles/elie-wiesel-coeur-ouvert/" rel="attachment wp-att-5937"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-5937" title="elie-wiesel-coeur-ouvert" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/12/elie-wiesel-coeur-ouvert.jpg" alt="" width="114" height="181" /></a></h6>
<p>Ainsi se définit lui-même Elie Wiesel, au seuil de sa vie, venu présenter son dernier livre « Coeur ouvert » devant François Busnel et les invités de La Grande Librairie, plus attentifs que jamais et troublés par les pensées extrêmes de cet homme, qui vient, une fois encore, de franchir l’espace douloureux qui mène de la vie à la mort.<br />
Car c’est une opération récente à cœur ouvert, réalisée in extremis, qui le bouleverse et le conduit à<em> « dans (sa) tête, tourner les pages ».</em><br />
Cette opération est un arrachement au temps présent, pour lequel « <em>il n’est pas prêt : tant de mots à trouver, tant de silences à faire chanter […] tant de choses à raconter »</em> à ses petits-enfants Elisha et Shira :<em> « Elisha, quand il me sourit, je sais que le bonheur existe et que l’homme y a droit »</em>. C’est un bonheur qui le responsabilise plus que jamais et le pousse vers l’avenir : « <em>la meilleure façon de le protéger sera de changer le monde où il va grandir »</em>.</p>
<p>Pourtant Elie Wiesel porte un regard sans illusion sur ce monde, où la barbarie se reforme et s’infiltre encore « <em>à l’ombre des flammes invisibles […] d’où un sentiment proche du désespoir. Car si Auschwitz n’a su guérir l’homme du racisme, qu’est-ce qui pourrait y parvenir ? »</em><br />
Un désespoir qui le submerge depuis ce qu’il a vécu ,<em>« sous un ciel muet »,</em> lui et « <em>les survivants du temps des ténèbres, lorsque le monde se taisait, et, Dieu aussi ! ».</em></p>
<p>Et bientôt presque un cri,<em> « Que vais-je dire à Dieu ? Que je comptais aussi sur Son aide ? Trouverai-je l’audace de lui reprocher Son incompréhensible silence pendant que Satan remportait ses victoires ? [&#8230;] Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui assassinait mon Dieu et mon âme. »</em></p>
<p><em></em>Elie Wiesel ose exprimer davantage encore, par la bouche du prophète Jérémie, alors que dans ses lamentations il évoque la destruction du premier Temple de Jérusalem : « <em>Tu as tué (tes) enfants sans pitié ! Tu as assassiné (Ton peuple) sans compassion. »</em></p>
<p>Elie Wiesel nous explique pourquoi, bien « <em>qu’il se soit élevé contre le Seigneur »</em> , il l’honore encore par la pratique religieuse. « <em>Mes parents et mes grands-parents, comme les leurs, l’ont fait ; c’est simple, je refuse d’être le dernier d’une chaîne remontant très loin dans ma mémoire et dans celle de mon peuple », </em>écrit-il. Et puis, pour ce peuple, <em>« la possibilité d’un oubli divin n’est- elle pas exclue de (son) inconscient ? »</em></p>
<p>La justification de sa vie, son sens et son futur, Elie Wiesel les trouve dans l’amour, un amour pour sa famille <em>« sans limites »,</em> ainsi que pour les hommes :<em> « Je crois en l’homme malgré les hommes [&#8230;] je sais combien chaque moment est un recommencement, chaque poignée de main une promesse et un signe de paix intérieure »</em>.<br />
Sur un mot d’amour de son petit Elisha, Elie Wiesel voit son âme se remplir d’étincelles et semble pardonner à Dieu : <em>« À ce moment-là, j’en suis convaincu, Dieu contemple Sa création en souriant. »</em></p>
<p>Ce beau livre sans épanchement est le regard d’un homme qui, enfant, s&rsquo;est vu imposer la nuit, et qui trouve aujourd’hui la possibilité de créer la lumière. De quoi redonner espoir à tous ceux qui le liront.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Marine Romane</h6>
<p><em>Cœur Ouvert, publié chez Flammarion</em></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/porteur-detincelles/">Porteur d’étincelles</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Lecteurs en herbe</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/lecteurs-en-herbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Oct 2011 10:42:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LE COIN DES WILL BE]]></category>
		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[lycéens]]></category>
		<category><![CDATA[prix Goncourt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des expériences. Les plus âgés en ont vécues, les plus jeunes en demandent. Il y a celles que tous vont connaître et celles qui ne sont réservées qu’à un petit nombre d’entre eux. Le prix Goncourt des lycéens par exemple. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/lecteurs-en-herbe/ilycmages/" rel="attachment wp-att-2128"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft size-full wp-image-2128" title="ilycmages" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/10/ilycmages.jpg" alt="" width="253" height="199" /></a> Des expériences. Les plus âgés en ont vécues, les plus jeunes en demandent. Il y a celles que tous vont connaître et celles qui ne sont réservées qu’à un petit nombre d’entre eux. Le prix Goncourt des lycéens par exemple. Combien peuvent se vanter d’avoir participé à la remise d’un prix qui a su, au fil des années, acquérir le prestige d’un véritable prix littéraire ?  En 24 ans, le prix Goncourt des lycéens s’est fait un nom et est aujourd’hui pris très au sérieux par les gens « du milieu ».  Quel  écrivain n’aimerait pas se voir remettre un prix de la main d’une génération séparée de la littérature par une montagne de nouvelles technologies ? Et l’expérience plaît aux jeunes critiques en herbe. Elle leur permet de se faire entendre, de gagner en esprit critique mais aussi, à long terme, de leur transmettre l’amour de la lecture et de la littérature. Cette année comme depuis vingt-quatre ans, pendant deux mois, ils ont lu, analysé, débattu pour pouvoir choisir le livre qu’ils auront préféré. Et si le résultat du « vrai » prix Goncourt est révélé quelques jours plus tôt, aucun risque d’influence : sur les vingt-trois dernières éditions du prix Goncourt des lycéens, seulement  quatre fois, le gagnant a été le même que pour le prix Goncourt. Les lycéens se font donc leurs propres idées. Pour Ariane Bach -professeur d’une des classes participantes et ancienne élève ayant fait partie du jury- cette lecture intensive, ce<em> « saut dans l’inconnu »</em> va permettre à ce jury original de se façonner un goût littéraire propre à chacun ce qui va leur permettre d’effectuer un <em>« jugement personnel et de sentir au fil des semaines l’intuition d’une responsabilité »</em>, de se sentir concernés.</p>
<p><strong>Ne le lisez pas</strong></p>
<p>Paroles d&rsquo;élèves : <em>« lorsque Madame Benoit nous a annoncé que notre classe allait participer au prix Goncourt des Lycéens, je me suis dit bon, pourquoi pas ? » »</em>. Simon est en seconde au lycée Montaigne à Paris et comme lui, ce sont les élèves d’une cinquantaine de classes, sélectionnées pour choisir le prix Goncourt des lycéens, qui ont dû se dire la même chose. Mais ce que Simon n’avait pas compris à ce moment là précis, c’est qu’il ne suffirait pas de lire un livre ou deux, mais bien quinze livres en deux mois pour pouvoir choisir leur lauréat. La chose n&rsquo;est pas aisée, mais les jeunes critiques ont prendre leurs responsabilités pour  construire leur propre opinion et en débattre entre eux. A cette lecture, s’ajoutent des rencontres avec les écrivains pour que ceux-ci puissent leur expliquer ce qu’ils n’auraient pas compris. Rencontres utiles et recommandées, donc. Cette expérience cependant n’a pas que pour but de créer de futurs critiques mais aussi, tout simplement, de transmettre à ces jeunes lecteurs l’amour de la lecture et, pourquoi pas, de l’écriture. Et ça fonctionne, si l’on en croit Simon <em>« même si le prix Goncourt des Lycéens représente énormément de temps et d&rsquo;énergie, il a réellement éveillé ma passion pour la lecture ».</em> Mais pour l’instant, le plus important pour ce jury original est d’apprendre à aimer un nouveau style de littérature. Ainsi cette lecture intensive  est elle quelque chose de nouveau pour eux, comme pour elle, puisque habitués à des lectures jusque là plus « classiques », moins contemporaines. Les habitudes ont donc été changées. <em>« Si le livre ne vous plaît vraiment pas, vous pouvez passer à un autre, ne perdez pas de temps »</em>, ce n’est pas le type de discours qu’on attend d’un professeur de lettres en temps normal mais qui dit nouveauté, dit adaptation. Et ça, les lycéens savent le faire. Ils prennent leur rôle très à cœur, soulignant leurs préférences et leurs déceptions. Les élèves de la seconde sélectionnée à Montaigne se sont pris au jeu, critiques souvent féroces<em>. « Le livre est trop long, inintéressant, la fin est particulièrement décevante, bref, je trouve que ce livre n&rsquo;a aucun intérêt. Ne le lisez pas ! », « quel intérêt de lire ce livre? Si je rencontre l&rsquo;auteur, je n&rsquo;aurais qu&rsquo;une seule question à lui poser : pourquoi l&rsquo;avez-vous écrit ?</em>». L’occasion pour la jeunesse de se faire entendre; depuis sa création, le prix Goncourt des lycéens a ainsi su acquérir une véritable notoriété dans « le milieu ». Quel écrivain n’aimerait-il  pas en effet se voir remettre un prix de la main d’une génération séparée de la littérature par une montagne de nouvelles technologies ? Si Alexis Jenni est le grand gagnant élu par l’Académie Goncourt, le saura-t-il aussi aux yeux des lycéens ? Ou le titre reviendra-t-il à Carole Martinez -Du domaine des murmures chez Gallimard, à  Sorj Chalando -Retour à Killybegs chez Grasset très apprécié par les lycéens de Montaigne ou à Lyonel Trouillot pour La Belle Amour humaine chez Actes Sud ? Réponse le 7 novembre.</p>
<h6 style="text-align: right;">par Lisa Escobar</h6>
<p>Pour lire les impressions de lecture des élèves de Montaigne membres du jury-très intéressant- <a href="http://www.montaigne-paris.fr/GONCOURT_DES_LYCEENS-423-0-0-0.html">cliquez ici</a></p>
<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/lecteurs-en-herbe/goncaleqm5grzf7oq9awlt0sk-iga1uou1snfg/" rel="attachment wp-att-2979"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-2979" title="goncALeqM5gRzF7oq9aWLT0SK-iga1UOu1snfg" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/10/goncALeqM5gRzF7oq9aWLT0SK-iga1UOu1snfg-300x185.jpg" alt="" width="300" height="185" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/10/goncALeqM5gRzF7oq9aWLT0SK-iga1UOu1snfg-300x185.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2011/10/goncALeqM5gRzF7oq9aWLT0SK-iga1UOu1snfg.jpg 512w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><br />
Et c&rsquo;est donc le beau livre de Carole Martinez « Du domaine des murmures qui a eu ce prix voir article rubrique Apostrophe</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/lecteurs-en-herbe/">Lecteurs en herbe</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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