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	<title>Grand-Théâtre de Genève | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>Du côté des Helvètes</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/du-cote-des-helvetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 15:13:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Defaut]]></category>
		<category><![CDATA[Andonis Foniadakis]]></category>
		<category><![CDATA[ballet]]></category>
		<category><![CDATA[Chant du cygne]]></category>
		<category><![CDATA[chanteur]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-Théâtre de Genève]]></category>
		<category><![CDATA[René Pape]]></category>
		<category><![CDATA[Schubert]]></category>
		<category><![CDATA[Tobias Richter]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-12579" title="rene_pape1" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/rene_pape1.jpg" alt="" width="332" height="359" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/rene_pape1.jpg 332w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/rene_pape1-277x300.jpg 277w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/rene_pape1-55x60.jpg 55w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/rene_pape1-60x64.jpg 60w" sizes="(max-width: 332px) 100vw, 332px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si la création de Foniadakis par le Ballet du Grand-Théâtre de Genève était la raison de notre week-end suisse – nous l’avions même annoncée dans The Pariser à l’occasion des vœux – il aurait été regrettable de manquer d’entendre la veille l’une des plus grandes basses du moment, René Pape. Ses incarnations wagnériennes s’inscrivent déjà dans la légende – Marke, Wotan… Après vingt ans d’absence sur la scène du Grand-Théâtre, il revient ce 3 février pour un récital de lieder.</p>
<p>Les conditions climatiques se montrent bien rudes ce soir- 15 ° en dessous de zéro-, nous rappelle le directeur Tobias Richter, monté sur la scène, de quoi laisser au chanteur allemand un peu de temps pour se réchauffer la voix avec le début du concert différé d’une dizaine de minutes, permettant au passage aux derniers spectateurs de prendre place sous le plafond étoilé de la place De Neuve. Mais à vrai dire, la solide constitution de René Pape semble imperméable aux rigueurs de l’hiver. Dès les pages de Schubert qui ouvrent la soirée, sa technique impeccable ne subit aucune faiblesse, et il réussit d’emblée le délicat exercice pour un chanteur d’opéra à se glisser dans la sensibilité intimiste de l’univers du lied. Chaque pièce est un monde en soi qu’il effeuille avec une intelligence admirable. Les trois premières sont tirées du Chant du cygne, recueil posthume d’un compositeur déjà atteint par la maladie – on reconnaît entre autres l’élégiaque Sérénade ou le grondement de la colère d’Atlas. Suivent ensuite trois sonnets de Michel-Ange mis en musique par Hugo Wolf, héritier d’une tradition romantique et contemporain de Mahler. René Pape en dévoile avec finesse la versatilité expressive. On revient à Schubert pour conclure la première partie de ce récital avec un florilège de pages les plus connues, telles Petite rose sur la lande ou Prométhée, sur des poèmes de Goethe.<br />
<strong></strong></p>
<p><strong>Un pianiste hélas trop en retrait</strong></p>
<p>Après l’entracte, c’est l’un des sommets de la littérature qui nous est proposé : les Dichterliebe (Les Amours du poète), que Schumann a composés sur les poésies de Heine. Le cycle de seize mélodies fonctionne comme une sorte de kaléidoscope des sentiments qui se succèdent au long d’une histoire contrariée, de son éclosion au renoncement. La juxtaposition d’impressions contrastées et la grande fébrilité affective font le charme inimitable de ce recueil bouleversant. René Pape y insuffle une sensibilité remarquable, aussi sincère dans la juvénilité primesautière que l’inquiétude et la mélancolie, usant de la large palette expressive de son onctueuse voix de basse. La qualité de l’accompagnement au piano s’avère ici essentielle, Schumann lui confiant un rôle d’éclairage, parfois à contre-jour, de ce que chante le texte, lui donnant une richesse et une subtilité uniques. Si le jeu pâle de Camillo Radicke soutient discrètement dans Schubert et Wolf, le manque évident de préparation pénalise les Dichterliebe, limitant le dialogue entre les deux protagonistes. En ponctuant trop explicitement chacun des morceaux, il retient les amarres de l’histoire, à laquelle on aurait aimé s’abandonner.</p>
<p><strong>Glory, un hymne à la danse</strong></p>
<p>C’est le lendemain, samedi 4 février que l’art chorégraphique est mis à l’honneur. Rendez-vous est pris, donc, au Bâtiment des Forces Motrices, ancienne usine hydroélectrique sise sur le Rhône reconvertie en salle de spectacle, écrin idéal pour la danse. Glory est un hymne à la danse, qui pousse la virtuosité des interprètes dans ses derniers retranchements. Andonis Foniadakis a imaginée cette nouvelle chorégraphie spécialement pour le Ballet du Grand-Théâtre de Genève, le seul à ses yeux à même de satisfaire ses exigences techniques. D’une durée d’une heure, sans entracte, Glory enchaîne vingt-trois numéros sur des musiques d’Haendel, compilées par Julien Tarride, lequel a aussi arrangé les transitions entre les morceaux, baignées d’un halo électroacoustique plutôt sobre. Le choix opéré parmi les concerti grossi et le Dixit Dominus, œuvre de la jeunesse romaine du compositeur, s’avère heureux, même si l’on peut regretter une chute sur le trop célèbre Ombra mai fut, tiré de Serse – après un Hallelujah un peu plus dépouillé qu’escompté. La conclusion apaisée semble rappeler l’humilité de notre humaine condition, avec un corps de ballet tout de chair vêtu, pendant que la soliste en noir s’abîme dans l’aveuglante clarté.</p>
<p><strong>Une créativité baroque et débridée</strong></p>
<p>Si la dramaturgie peut laisser perplexe, on ne peut, en revanche, que se laisser emporter par la générosité de l’inspiration du chorégraphe grec. Le premier ensemble, sur le chœur final du Dixit Dominus, Gloria Patri, démontre une profusion gestuelle époustouflante, comme une multiplication d’offrandes ou de prières avec ces paumes levées vers les cieux, au risque d’une certaine redondance dans la section fuguée du morceau. Mais l’excès est sans nul doute l’une des caractéristiques du baroque, et cela Foniadakis l’a bien compris. Cela n’empêche nullement cependant des duos ou des trios rêveurs de s’immiscer dans ce flux chorégraphique ininterrompu. Et c’est tout autant l’émouvante scénographie que l’on ne peut manquer d’admirer – ainsi de ces figures qui se détachent telles des ombres chinoises sur la blancheur du fond de scène. Le travail sur la lumière, se concentre sur la pureté cinématographique des couleurs – beaucoup de noir – pour atteindre une expressivité essentielle, dénuée de tout superfétatoire.<br />
A défaut de trouver une intelligibilité au propos de Foniadakis, on se laisse emporter par la magie de sa maîtrise et de sa créativité débridée pour en ressortir ébloui, et c’est l’essentiel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Gilles Moîné-Charrassier</h6>
<h6 style="text-align: right;"></h6>
<p>Glory, du 4 au 12 février 2012 au <a href="http://www.geneveopera.com/">Bâtiment des Forces Motrices</a>, Genève</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/du-cote-des-helvetes/">Du côté des Helvètes</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Richard III montre son coté obscur</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/richard-iii-montre-son-cote-obscur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 11:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Battistelli]]></category>
		<category><![CDATA[Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Giorgio Battistelli]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-Théâtre de Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Richard III]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Carsen]]></category>
		<category><![CDATA[Shakespeare]]></category>
		<category><![CDATA[Tobias Richter]]></category>
		<category><![CDATA[William Shakespeare]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>La création suisse de <em>Richard III</em>, opéra de Giorgio Battistelli inspiré par la pièce éponyme de Shakespeare et mise en scène par Robert Carsen, s’annonçait comme l’un des grands évènements de ce mois de&nbsp; janvier. Créé à Anvers en 2005, l’ouvrage connaît le privilège rare pour un opéra contemporain d’avoir été régulièrement repris. Le directeur du Grand-Théâtre de Genève, Tobias Richter, qui l’avait programmé à Düsseldorf, tenait à le présenter au public helvétique.</p>
<p><strong>Un opéra sanglant</strong></p>
<p>La légende funeste qui a auréolé le dernier des Plantagenêts a fourni à l’illustre dramaturge anglais la matière d’un drame puissant – le quatrième volet de sa première tétralogie historique – dont s’inspire le livret de Ian Burton. N’étant pas le favori dans l’ordre de succession, Richard III va éliminer, un à un, les obstacles à l’accession au trône. Mais pour s’assurer sa souveraineté, il va sombrer dans une spirale de meurtres qui l’engloutira à son tour, au profit de Richmond, couronné sous le nom d’Henry VII. A la différence de Macbeth, qui a besoin du soutien de sa femme pour franchir le pas de Caïn, Richard III trouve en lui-même les ressources criminelles pour assouvir ses ambitions.</p>
<p><strong>La sombre clarté de la mise en scène</strong></p>
<p>C’est ainsi que le personnage apparaît au centre d’une sombre arène chancelante – image, prévisible, du pouvoir comme rituel macabre. Les intentions de Robert Carsen se laissent en effet aisément deviner, avec un plateau recouvert de sable rouge, symbole de la sanguinaire inexorabilité du temps, qui a l’avantage de ne pas maculer la scène – on saura gré au metteur en scène canadien d’avoir évité les éclaboussures dont certaines scénographies se montrent friandes. Vous l’aurez compris, le meurtre, c’est le fruit du côté obscur de l’homme, la part de mal qui gît en lui, et donc la scène baigne dans une pénombre constante, censée être menaçante, mais en fin de compte lassante. Cette sombre clarté écarte au moins très rapidement toute possibilité de contresens, ce qui n’est pas à négliger pour une œuvre nouvelle, la musique contemporaine souffrant souvent d’une réputation d’élitisme pas toujours usurpée.</p>
<p><strong>Tom Fox, star de la soirée</strong></p>
<p>Pourtant, la partition de Battistelli reste sage, avec des rodomontades de cuivres qui sous-tendent les déflagrations des cordes pendant toute la première partie qui dépeint l’ascension du héros – presqu’une heure et demie. Le second acte, où le trône se met à vaciller, se montre moins fastidieux, avec des recherches chromatiques plus subtiles, jusqu’à un finale éthéré. L’écriture musicale passablement fruste permet en tous cas de mettre en avant Richard III, incarné avec panache par Tom Fox, lequel trouve un juste équilibre entre la laideur – morale et donc vocale – et l’expressivité dramatique, évitant de sombrer dans le grand-guignolesque. On ose espérer que l’accueil très favorable que reçoit le spectacle à l’issue de la soirée lui est largement redevable…</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Gilles Moîné-Charrassier</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p>au <a href="http://www.geneveopera.com/production_6">Grand-Théâtre de Genève</a> jusqu&rsquo;au 1er fevrier</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/richard-iii-montre-son-cote-obscur/">Richard III montre son coté obscur</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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