1 avril 2018
Silence, on vous baise

Je crois que Dorothy Parker-tant pis pour ceux qui ne savent pas qui elle est, il n’ont qu’à la “Quantisé”( Quant-le Google bio)- aurait aimé ce titre. D’accord, c’est un gros mot mais en ce week-end de Pâques, on est très en colère à la rédaction de JimlePariser. Car, si Libération a titré Communion nationale pour ce pauvre gendarme mort en héros, nous on a envie de dire Communication nationale. Vous savez, le serpent du Livre de la jungle qui fixe de ses yeux pour vous hypnotiser et vous endormir. Et bien notre cher Président que d’aucuns surnomment Moncon ne fait rien d’autre que cela depuis des mois. Nouvelle illustration, cette semaine: l’adoption à l’Assemblée Nationale-les socialistes avaient voté contre-de la loi portant sur le secret des affaires. On pourrait vous en écrire des tonnes mais Nicole Ferroni sur France Inter – écouter ça c’est un régal– a mieux résumé la chose que quiconque; la chose n’était pas difficile vu qu’aucune chaine de télévision n’en a parlé.

Les rues de Paris vendues à Vinci, la Madeleine aux annonceurs

Les JT de 13h et de 20h sur France 2 ont en effet préféré vous saouler d’hommage, de chocolat ou de routes abimées par l’hiver; mais sur ce qui menace notre profession entière et surtout ces lanceurs d’alerte qui, de Irène Frachon pour le Mediator à Hervé Falciani pour l’évasion fiscale pratiquée sans vergogne par HSBC ont révélé des scandales, nada. Rien non plus sur la façon dont Anne Hidalgo gère actuellement Paris. Après avoir autorisé des pubs géantes de plus en plus vulgaires comme le Ford qui s’illumine actuellement sur les bâtiments en rénovation de l’Institut de France, pareil au Louvre ou encore à la Madeleine-une église, un comble!- elle vient de vendre les rues de la capitale à Vinci dont dépend Stretteo et autre Moovy, ces petites voitures qui sillonnent désormais quotidiennement la capitale pour flasher les plaques de ceux qui n’ont pas payé un ticket ou dépassé de cinq minutes le paiement. Autant dire que la contractuelle peut aller se rhabiller, avec des PV passé de 17 euros à 35 euros si payé dans les deux jours puis 50 balles. Fausses plaques flashées, conducteurs sans permis ou sous cannabis, PV alors que l’automobiliste était en règle, le scandale a éclaté avec l’article de Dominique Simmonet dans Le Canard Enchainné, avec à la clé l’annulation de tous les PV antérieurs au 25 mars. Comme quoi, nous autres journalistes, on peut encore servir…

Anne Hidalgo, où va l’argent?

Mais si les  caisses de Paris se remplissent, les trous de la chaussée parisienne, eux, se vident- aucun service de la voirie ne venant les reboucher comme en témoigne notre photo et notre expérience de scooter girl. Cela malgré la manne des centaines de milliers de PV à 35 euros distribués et de mise en fourrière (bien plus rentables que de créer des places payantes) avec cette sensation pour les propriétaires de deux roues de jouer à la roulette russe si l’on se pose en dehors des 47 000 places disponibles dans la capitale- sachant que nous sommes plus de 100 000 parisiens à en avoir un. Mais quand il est en panne-c’est souvent- on expérimente alors le bonheur des transports en commun. Car, pour se la jouer vélo, c’est raté, plus un Velib n’existe pendant les travaux des bornes pour passer à l’électrique. Alors le bus? “Tout Paris est en travaux” s’énerve la conductrice du 95 qui mettra trois quart d’heure à faire Le Louvre- Place de Clichy. Et devra faire un détour d’une demi d’heure par la rue de Solférino en retrouvant les chassés des voies sur berge Quai Voltaire, depuis l’affaissement de la chaussée rue des Saint Pères, fermée depuis deux semaines sans qu’aucun ouvrier ne soit au travail- on passe devant tous les jours alors croyez nous-on a les photos, Anne!

Et pendant que l’on y est, on vous rajoute celle de l’avenue de la Bourdonnais fermée au trafic ou celle de la Tour Eiffel, au mieux de sa beauté en ce moment, ceinte d’immondes barrières qui la font passer pour un immense échafaudage aux pauvres touristes qui croyaient venir dans la plus belle ville du monde. Reste le métro pour ceux qui acceptent de se transformer en rats des villes pour aller au plus vite tandis que les vrais n’y sont plus, gambadant dans les jardins publics.  Alors, désolé, on va encore finir avec un gros mot, volé aux Guignols lorsqu’ils étaient en forme, mais il s’impose: Putain, encore deux ans!

Par Laetitia Monsacré 

 

Des nids de poules par milliers…au milieu des travaux

Comment avez vous trouvé la Tour Eiffel?
-Par hasard, cachée derrière les panneaux!

Avenue de la Bourdonnais, rue d’Amsterdam, rue des Saint Pères, on ne passe plus- sauf les rats!

 

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