4 juillet 2013
Mardis soirs sucrés

“Faites-nous rêver”. Master Chef pour TF1, Le meilleur pâtissier sur M6, c’est au tour du service  public avec Qui sera le prochain grand pâtissier ? de se lancer dans la course à la ménagère de moins de 50 ans bien que la publicité soit proscrite après 20 heures 30. Voilà pourtant ce mardi soir sur France 2 à 20h45, Virginie Guilhaume tout sourire accompagnée d’un jury de quatre professionnels Christophe Michalak, chef pâtissier du Plaza Athénée, Philippe Urraca, président des meilleurs ouvriers de France en pâtisserie, Pierre Marcolini, chocolatier réputé et Christophe Adam, un ancien de chez Fauchon pour éliminer un des gentils dix candidats hyper expérimentés -pas question de savoir seulement faire un gâteau au chocolat- chargés de faire rêver devant son écran à de jolies pâtisseries aux noms compliqués. A l’arrivée, un score modeste avec 2,8 millions de téléspectateurs  soit 12.6% du public présent devant son petit écran dont mes deux enfants; littéralement scotchés, ils avaient du mal à choisir un des candidats dont deux femmes et un Beur -attention à la diversité- qui durent se lever à 3 heures du matin pour préparer les tartes aux myrtilles et autres 2000 douceurs quotidiennes dans la pâtisserie Chevallot qui, loin d’être “dans la dînette” nourrit les skieurs privilégiés de Val d’Isère. Ou ceux qui avaient comme épreuve de tailler dans la glace et épater le glacier Alain Chartier à Vannes à moins qu’ils ne doivent dresser “à l’assiette” les desserts servis à 40 euros pièce dans le très chic restaurant parisien Lasserre.

Une émission très pro avec des pros

De quoi dans tous les cas en ouvrant son yaourt ou en épluchant sa pomme faire saliver toute la famille. Et offrir une balade à travers les régions façon France 3 à Monsieur, donner des idées à Madame tout en retenant les enfants grâce à ce qu’ils préfèrent a priori: les desserts. Sens de l’effort, du détail et du travail bien fait, voilà qui était un divertissement tout à fait honorable, très peu “téléréalité”en privilégiant le côté instructif avec des candidats déjà aguerris, un montage ne jouant pas sur l’émotion des éliminés ou le bavardage, bref du bel ouvrage qui espérons-le trouvera son public même si les producteurs vont devoir la jouer malin pour se renouveler sur quatre émissions où l’on nous promet gâteaux de mariage, boutique éphémère et autres épreuves pour départager les neufs professionnels et sans doute en faire songer plus d’un en regardant son assiette à cette phrase des Inconnus “Quand on voit ce qu’on se tape et ce qui existe!”.

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